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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • à petits pas

    elle s’avance à petits pas
    levant vers moi son regard clair
    impératif et fier
    je ne sais ce qui me trouble le plus
    sa rousseur ou ses yeux verts
    quand elle s’étend lentement sur le lit
    elle s’en empare sans lutte
    se lovant d’une manière incroyablement ronde
    prise de possession totale capture
    je ne suis plus que son prisonnier fatal

    dès qu’elle surgit
    tout l’espace lui appartient
    quand elle frotte sa tête contre la mienne
    j’entends son cœur qui ne bat que pour moi

    elle est la grâce et le mystère
    jamais elle ne crie 
    toujours ses yeux parlent pour elle

    quand elle me quitte
    d’une démarche souple et altière
    le temps se fige
    je ne respire plus 
    je n’existe plus pour elle
    je ne survis que pour son retour
    m’occupant sans âme à des tâches incertaines
    la vie n’est qu’une lutte entre désir et spleen

    elle me rend plus aimable et souriant
    telle est sa marque sur le sceau du temps
    partout où elle vit hautaine
    elle se déplace en reine
    sans hâte
    ma chatte


  • cercle infini de l'enfant

    je suis
    la fleur rougissante du soir
    le vent sentimental et dense
    le chevreuil campé dans le noir
    la forêt plantureuse en transe

    je suis
    la pluie marbrée bue goulûment
    le nuage arrondi en pleurs
    le rêve du monde écumant
    la voie de l’ange du bonheur

    je suis
    la vie sauteuse de barrières
    le chuchotement indistinct
    le mot où la pensée se terre
    le silence brutal divin

    je suis
    la friction de dissentiment
    la pierre sur quoi trébucher
    le poisson limpide et gluant
    le lac abyssal encerclé

    je suis
    le buisson de varech errant
    la fourmi peureuse aux aguets
    le papillon virevoltant
    l’herbe consumée par l’été

    je suis plus que chaque élément
    je suis la chaîne reliant

    la fleur butinée par le vent
    le chevreuil dansant en forêt
    la pluie des nuages pleurants
    le rêve d’anges métissés
    la vie qu’on voudrait chuchotée
    le mot pensé plein de silence
    le heurt de la pierre butée
    le poisson du lac d’abondance
    le varech cachant les fourmis
    le papillon herbe de vie

    comme un grand ensemble une roue
    je suis l’enfant qui perçoit tout


  • vieillir heureux

    je voudrais vieillir heureux
    loin de la ville embrumée
    de l’océan de plastique
    du tic-tac de la folie

    je voudrais vieillir heureux
    d’un bonheur stoppant le temps
    sur mon visage impassible
    cachant un demi-sourire

    un tremolo d’harmonica
    glisserait des monts poussiéreux
    dans le travelling vaporeux
    d’un plan culte de cinéma

    sans lasso ni whisky
    sans bottes ni éperons
    sans stetson à bords longs
    sans lucky strike ni country

    faux cowboy sur sa chaise à bascule
    j’aurai le regard perdu au loin
    indifférent à tout ce qui vient
    sur ma terrasse plombée de canicule

    peu à peu dans la moiteur du soir
    je sentirais poindre de mon âme
    tous les non-dits de ma vie
    et je me lèverai pour crier

    souffrez sentiments refoulés
    voici la vérité indivisible
    brûlante comme un feu de gril
    écoutez tous la flamboyante réalité

    il ne reste rien ni les bruits
    ni la tristesse ni la soif animale
    ni même la beauté fatale
    il ne reste que les pleurs et les cris

    et le regret de l’homme imparfait
    avare de gestes et de mots
    qu’on dût se satisfaire d’être
    en trahissant ses idéaux

    il faudra embrasser les larges horizons
    humer la mer et les vagues
    entendre la musique du monde
    pour enfin se trouver à sa place

    il faudra le vent siffleur sur la terrasse
    et le murmure frotté de l’eau
    pour que retentissent ces mots
    je voudrais vieillir heureux

    et que cela se fasse


  • spectre vitreux des ombres

    la nuit blanche des frondaisons
    piège l’automne dans l’hiver
    créant une demi-saison
    riche de coloris amers

    vaincu par la lenteur du temps
    l’homme tente de respirer
    cherchant son souffle hibernant
    dans le soir recroquevillé

    ainsi vont mon âme et mon coeur
    dans ce faux rythme d’irraison
    nomades cherchant un bonheur
    qui ne dira jamais son nom

    quel est ce sentiment qui presse
    mon esprit peureux et troublé
    quelle est cette lourde détresse
    présente dans l’obscurité

    ce n’est pas la terre sans nombre
    ce n’est pas le manteau du froid
    c’est le spectre vitreux des ombres
    qui déjà recourbe ses doigts

    (sélectionné au Prix Paroles Vives 2022 pour paraître dans le recueil « Murmures sous le Pont des Consuls »)


  • porte du tableau

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir


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  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

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    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

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    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025