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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • météo marine

    gros grain noir à l’horizon
    inquiétude à bord
    nouvelles données météo
    perplexité
    le marin cherche sa voie
    moi aussi

    mer hachée
    voilier secoué
    combien de temps sans respirer
    le marin veut souffler
    moi aussi

    grand soleil et bon vent
    le voilier trace son sillage
    la mature siffle
    les dauphins jouent
    le marin sourit
    moi aussi

    et cette aube toujours
    en majesté
    mon âme en paix


  • fusion ici et là (ici et là)

    le bateau et la mer
    ici coins et recoins
    à portée de main
    là le plein le lointain
    ici le fixe le solide
    le rassurant
    métal bois filin
    là le fluide le mouvant
    la métamorphose
    ici la multitude des petits objets
    utiles à la vie à la survie
    là le désert de l’unicité

    jamais il n’y eut pareille antinomie
    et pourtant tout concorde
    tout s’accorde
    l’esquif et la houle
    la voile et le vent
    l’homme et la mer
    fusion


  • en mer (horizon sans toi)

    la mer est mon horizon
    le ciel mon toit ma loi
    la houle rythme mon cœur
    le bateau trace ma route
    son sillage est ma lumière
    ses voiles mon espoir
    son carré ma maison
    alors apaisé par cet univers
    de la longue attente
    au creux des heures
    de veille et de merveilles
    je dis à la lune
    à la croix du sud
    aux dorades perdues
    au cormoran fidèle
    je dis au monde ébahi
    que pour être parfait
    il ne manque que toi


  • sursis (états d’âme de dame ou d’homme)

    état d’âmes de dame ou d’homme
    dans ton voilier sur la mer ancre flottante
    tu n’es qu’un sursis une vie latente
    un passager de l’ombre buveur de rhum

    tant d’autres ont vu ce que tu vois
    passé et avenir sillage et cap mêlés
    tant d’autres ont souffert et aimé
    les mêmes moments sensations émois

    infime grain imberbe rond
    dans l’infinie répétition
    que cherches-tu étranger
    te demande l’océan
    avec tes rêves ton fil des ans
    et ton âme dérangée

    je cherche la beauté la vérité
    la pureté 
    l’éternité
    que toi seul peux me donner

    bah répond l’océan
    tu pourras sillonner tous les flots 
    braver tous les ouragans
    ton cœur est tout ce qu’il te faut


  • mer et désert (désert apparent)

    la mer est un désert apparent
    qui ne tient pas aux hommes
    mais à l’histoire à l’éternité
    la vague est un mouvement
    une flamme
    sans début ni fin
    elle n’a qu’une vie de parcours
    sans état
    le vent n’existe pas
    et pourtant il emporte tout
    la mer est chinoise
    une fois yin une fois yang
    tout est changement

    alors contemple et remercie
    tu ne peux étreindre
    ni le vent des ouragans
    ni l’eau des océans
    tout passe par tes mains
    mais rien ne demeure
    seul resteront dans ton âme
    le goût de sel 
    la pureté du vent du large
    la brulure de l’aube

    tu es né de cette eau
    fluide et immatérielle
    tu es né de ce vent
    souffle et nomade

    souviens-t’en


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  • Maulpoix (Jean) : Adieu

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  • Azzhara : J’écris à jeun

    J’écris à jeûn
    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

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  • Trois espaces

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  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025