Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero

  • spectre vitreux des ombres

    la nuit blanche des frondaisons
    piège l’automne dans l’hiver
    créant une demi-saison
    riche de coloris amers

    vaincu par la lenteur du temps
    l’homme tente de respirer
    cherchant son souffle hibernant
    dans le soir recroquevillé

    ainsi vont mon âme et mon coeur
    dans ce faux rythme d’irraison
    nomades cherchant un bonheur
    qui ne dira jamais son nom

    quel est ce sentiment qui presse
    mon esprit peureux et troublé
    quelle est cette lourde détresse
    présente dans l’obscurité

    ce n’est pas la terre sans nombre
    ce n’est pas le manteau du froid
    c’est le spectre vitreux des ombres
    qui déjà recourbe ses doigts

    (sélectionné au Prix Paroles Vives 2022 pour paraître dans le recueil « Murmures sous le Pont des Consuls »)


  • porte du tableau

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir


  • mosquée bleue

    entrée libre sans chaussures
    dissimulées par la balustrade en bois
    les femmes voilées prient au fond
    un couple de touristes contemple son selfie
    lui enturbanné elle cachée
    ils sourient à leur image
    d’autres lisent le coran
    ou le routard je ne sais pas
    ici comme ailleurs
    les enfants jouent 
    et pourtant

    une lumière blanche jaillit
    du vitrail meurtrière
    forte implacable
    personne ne la remarque

    et si c’était allah
    qui venait vous dire bonjour
    ou vous sermonner
    à genoux ingrats passants sur terre
    repentez-vous de votre sourire niais
    pleurez vos péchés et vos drames

    mais personne ne l’écouterait
    à cause des rites et des selfies
    et le soir venu
    plus de lumière
    plus d’allah

    l’homme seul face à son destin muré


  • paysage giflant

    je ne savais rien de ce paysage giflant
    était-il beau ou laid
    pourtant 
    au premier coup d’œil 
    je stoppais ma marche 
    subjugué
    les odeurs l’éclairage les froufrous
    tout submergeait mes sens en éveil

    ensorcelé par ce lieu 
    j’y reviendrai souvent
    mes promenades avaient un but 
    désormais

    bien plus tard 
    j’apprendrai à le connaître
    à reconnaître 

    chaque détail
    l’inclinaison des frondaisons
    sensible aux saisons
    les couleurs insolentes 
    des lumières tamisées
    les courbes fruitées 
    des petites sentes
    et plus je le connaitrai
    plus je conforterai 
    mon besoin de lui

    mais il ne changera pas 
    son impact sur moi
    pas plus que je ne corrigerai 
    mon regard sur lui
    dès le début
    il fit partie de moi

    fulgurance de l’esthétique


  • Jaccottet (Philippe) : Toute fleur n’est que la nuit

    Toute fleur n’est que la nuit
    qui feint de s’être rapprochée

    Mais là d’où son parfum s’élève
    je ne puis espérer enrer
    c’est pourquoi tant il me trouble
    et me fait longtemps veiller
    devant cette porte fermée

    Toute couleur, toute vie
    naît d’où le regard s’arrête


    Ce monde n’est que la crête
    d’un invisible incendie

    Philippe Jaccottet. Airs. Oiseaux, fleurs et fruits. Poésie 1946-1967


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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025