Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero

  • je meurs tu pleures

    Je meurs
    Tu meurs
    Je t’aime
    Tu pleures
    Je vogue
    Tu vogues
    Ils voguent
    Où çà
    M’en fous
    Quèqu’part
    Tu viens
    Je pars
    Tu m’aimes
    Je pleure
    Je dis
    Tu dis
    Tout çà
    Ils disent
    N’impor-
    Te quoi
    Tu ris
    Je nage
    Tu nages
    Vers moi
    Ou çà
    Plus loin
    Pourquoi
    Parc’que
    C’est beau
    C’est bon
    Et plus
    Que ça
    Encore
    Pour toi
    Je vis
    Tu vis
    Sans moi
    Je souffre
    Tu souffres
    S’en foutent
    Pourquoi
    Parc’que
    Ils ont
    Raison
    Les cons
    Je viens
    Tu veux
    Je veux
    Te voir
    T’aimer
    Plus fort
    M’aimer
    Dis-tu
    Et puis
    Je rêve
    Tu dors
    Petite
    Et douce
    Je souffle
    Sur tout
    Sur ça
    Sans ça
    Tu voles
    Plus loin
    Sans moi
    Tu joues
    Je perds
    Toujours
    Pourquoi
    Ta peau
    Ton corps
    Adieu
    Rideau
    Mais non
    Tu rêves
    De moi
    Peut-être
    Encore


  • offerte ta bouche douce

    offerte
    ta bouche douce
    pour moi qui pleure

    tes jambes longues
    ton ventre rond
    offerts

    douce ma belle tu souris
    et l’odeur de toi
    rose close ton parfum

    à genoux je caresse
    ta peau offerte
    tu m’enveloppes

    ton souffle chaud sur moi
    s’envole
    comme toi et moi

  • couple qui lit

    8 heures d’un matin gris
    Derrière la vitre embuée d’un MacDo, un couple prend son petit-déjeuner sous la lumière néon.
    Assis l’un en face de l’autre, chacun la tête penchée, l’homme est plongé dans un hebdo télé pas cher, la femme lit attentivement Le Parisien.
    D’habitude, c’est l’inverse, la femme scrute les programmes télé et l’homme les pages PMU.
    Il est resté quelques secondes dehors à les regarder.
    Ils n’ont pas levé la tête.
    Ils ne se parlent pas, ils lisent, chacun la main posée distraitement sur sa tasse de café.
    Tiens, c’est drôle, une main gauche et une main droite.
    Quelques centimètres seulement séparent ces deux mains sur la table.
    Il suffirait d’un rien, un geste instinctif, une envie de se décrisper, pour qu’elles se touchent.
    Alors, ils se regarderaient sans doute une seconde, peut-être même en s’excusant.
    Puis ils reprendraient leur lecture attentive.


  • soir pur et blême

    j’aimerais que tu m’aimes
    quand le soir pur et blême
    peint tes yeux de mystère
    la nuit où sans fin j’erre

    l’ombre de la nuit mêle
    au cœur de son sommeil
    nos corps nus enfiévrés
    plus rien n’est faux ni vrai

    j’aimerais que tu aimes
    cette nuit pure et blême
    ou nos coeurs emmêlées
    tentent de s’arrimer

    l’ombre de l’ombre rit
    qui de la nuit surgit
    l’aube nous chérira
    mon amour mon aura

    quand le ciel blanchira
    quand tu t’évanouiras
    je voudrais que tu m’aimes
    dans le nouveau jour blême


  • gitane et paysanne

    Jeune fille d’autre part au creux de mon âme
    Gitane et paysanne en robe bariolée
    Tu me fais vibrer d’être pauvre mélomane
    Je goûte en harmonies violentes ta beauté
    Et je dérive en toi comme un torrent sans larmes

    Un épi d’arc-en-ciel a transpercé ma vie
    En forme dérivée de plaisir inconnu
    Envol de colombes d’un matin qui sourit
    Au jour de renaissance où je t’ai reconnu
    Mon cœur horloge disparate est reparti

    Le temps mauvais qui passe est un fond de peinture
    Impressionniste lignes de points sans arêtes
    Comme ces photos jaunies de vieilles voitures
    Où le sourire de jeunes filles nu-tête
    Semble façonner l’harmonie de la nature

    Tout doux mon silence d’un creux de nostalgie
    Je rêvais un peu trop et ma voix te parlait
    Des mots nouveaux d’autres mots verbes de vie
    Que je donnais à prendre comme tu cueillais
    En te penchant quelques fleurs de rose et d’ortie

    Dans le ciel entrouvert une larme a gelé
    Sur ton regard qui interroge tendre et noir
    Tes yeux flambée d’un soir d’automne dénudés
    Comme au jour débutant au j’ai levé ton voile
    Mon ange recommencé mer où j’ai plongé

    J’ai marché dans tes pas voie soufflée sur le sable
    De tes mains tendues l’eau recueillie s’échappait
    Je me suis emmitouflé dans tes cheveux d’algue
    Tandis que paré de l’air du temps des marées
    Le cri des mouettes sculptait un ciel à la plage

    Quatre cailloux d’agate et quelques faux cristaux
    Que tu ramassais nous faisaient un long tapis
    Éphémère l’eau les recouvrait aussitôt
    Mouillés et brillants comme après une lourde pluie
    Le sourire grave tu m’en faisais cadeau

    Rares balbutiements ces rimes au passé
    C’était un hiver froid quelque part en Bretagne
    Des pédalos rangés y attendaient l’été
    Souffrant tristement dans un coin de paysage
    Et Bach était Mozart ou Strauss et je t’aimais

    La vie de tes yeux est un air de violon
    Au rythme lent d’un concerto que tu aimais
    Sa plainte donnait à l’aube son émotion
    Recréant le matin silence entrecoupé
    D’admirables pauses instants où nous rêvions

    J’ai pour nom de baptême ta voix ton sourire
    Tes mots m’emportent en créant le monde où tu ris
    Je pourrai sans regrets voir le passé jaunir
    Ou l’amour se noircir car je sais que la vie
    Effacera mon âme hormis ton souvenir


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  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

  • Lucas Arruda : Untitled – Deserte Modelo (2021) – (montage)

    Lucas Arruda : Untitled – Deserte Modelo (2021) – (montage)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025