Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Philippe Austruy a repris La Commanderie Peyrassol (à Flassans-sur-Issole, dans le Var) il y a quelques années pour en faire fructifier le domaine viticole, qui produit des vins intéressants, et y installer une collection permanente d’art contemporain très intéressante elle aussi, même si parfois certains des artistes préfèrent le visuel et l’assemblage à l’émotion. Mais le site est incroyable, vaste et il y règne une ambiance paisible propice à la méditation artistique. Voici une petite galerie pour vous (photos Luc Fayard) PS: petit jeu: deux œuvres sont non sourcées, aidez-moi !
tu te souviens d’elle en détail il y a si longtemps sa voix ses yeux son odeur sa façon de pencher la tête quand elle te regardait
mais elle n’est qu’un rêve un voile un fantôme et pourtant plus elle est transparente plus elle est réelle tu pourrais la toucher la sentir
elle reste dans le cercle en ellipse autour de toi parfois si proche que l’ombre de ses cheveux pourrait te caresser le visage parfois si loin qu’elle semblerait te dire adieu
tu ne vois qu’elle rien d’autre aucun souvenir précis de ces moments où vous fûtes si près l’un de l’autre la peau et le cœur respirant au même rythme les mêmes effluves de la vie
pas de signes pas de mots ni de musique mais ce n’est pas le silence ni le vide rien qu’un sourire étrange d’Ophélie une ombre d’être en diagonale sur un mur
il n’y a vraiment qu’elle pour tourbillonner ainsi t’emportant dans sa ronde tu tends la main comme un fou un noyé sans rien sentir rien ne vient pas de caresse
elle est partie comme elle venue un souffle une apparition jamais ton cœur n’aura autant battu comme un tambour silencieux
David Salle – Ghost Paintings 3 (2013)Miya Ando – Moon Ensō (Engessō 円月相) (2024) – textile et supportConstantin Migliorini – Présence Absence (2009)Katharina Grosse – The Horse Trotted Another Couple of Metres Then It Stopped (2018)Sharon Kingston – Presence of Absence (2010)
Hommage à Rainer-Marie Rilke et à son “clair de lune sur un rebord de fenêtre” dédié à Lou-Andreas Salomé
Texte de Luc Fayard, illustré par 9 artistes contemporains (de haut en bas) : Chiharu Shiota, Nick Gentry, Giancarlo Manneschi, J. Tonkin, David Salle, Miya Ando, Constantin Migliorini , Katharina Grosse, Sharon Kingston
Jadé Fadojutimi – I Present Your Royal Highness (2018)Shara Hughes – In the Clear (2016)
après la pluie imaginant des pleurs le souvenir émerge à la surface de la conscience
larme d’âme fuyant les rêves il sursaute et se met en rond cherchant l’issue d’un labyrinthe étoilé
comme un phare de mirador la lumière implacable éblouit ta mémoire la forçant à renaître diffractée
dans ses prismes éclatés la voici qui raconte une nouvelle histoire à tiroirs où tu te perds
alors désemparé ne sachant plus qui tu es tu frémis et si la pluie revenait tu pleurerais
Tomma Abts – Feke (2013)Marina Rheingantz – Born to Love (2025)
Texte de Luc Fayard, illustré par quatre artistes contemporains.: Jadé Fadojutimi, Dhara Hughes, Tomma Abts, Marina Rheingantz
NdlR : tableaux que l’IA est allée chercher pour me les proposer (après qu’elle ai lu le poème) et validés par moi. Je lui ai demandé de trouver des œuvres qui illustrent bien mon poème, en justifiant son choix. Les explications étaient assez convaincantes. Seule autre consigne : trouver des artistes pas encore publiés dans Amavero. Et pour une fois, j’ai pensé qu’elle avait bien choisi. C’est loin d’être toujours le cas quand je formule une demande aussi générale. La plupart du temps, quand je cherche des illustrations pour un texte, je choisis un process plus sûr basé sur un matching des mots-clés du texte (proposés par l’IA après lecture et validés par moi) et ceux de la formidable bases de mots descriptifs de contenu et de contexte que j’ai fait mettre par l’IA , après de très longues discussions sémantiques et lexicales, sur chacune des 9 000 œuvres de cette galerie exceptionnelle d’art contemporain qu’est Nicole’s Museum.
Anonyme (8e s. ap. J.-C. – Chine) : Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an – sculpture et gravure – Calcaire ou pierre volcanique noire (haute d’environ 2,79 mètres) – reproduction
Ce texte (écrit par l’IA puis révisé et complété par Luc Fayard), fournit une synthèse et un état de l’art sur la Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an, également connue sous le nom de « Stèle de la propagation de la religion nestorienne du Da Qin en Chine » (Da Qin ou plus anciennement Ta-Thsin = Empire romain). L’inscription de cette stèle prouve l’existence de missionnaires chrétiens en Chine au 8e siècle ap. J.-C., soit bien avant l’arrivée des jésuites au 16e siècle. Cet article renvoie également à une traduction complète en français de l’inscription, issue du travail de Jean-Pierre Guillaume Pauthier (1801-1873) paru en 1857. Une telle traduction complète et lisible pour le grand public est difficilement trouvable en France et constitue un petit événement littéraire en soi.
L’auteur de la Stèle
L’auteur principal du texte de l’inscription en chinois est un prêtre du nom de Adam (en chinois : Jingjing (景淨), un ecclésiastique de l’Église d’Orient. Rédacteur du texte : Le moine Adam (Jingjing), qui était probablement le métropolite de Beth Sinaye (Chine), a composé la longue inscription en chinois qui retrace l’histoire du christianisme en Chine depuis l’arrivée du premier missionnaire, Alopen, en 635. Commanditaire/Maître d’œuvre : La stèle a été érigée par une communauté chrétienne assyrienne florissante à Chang’an (aujourd’hui Xi’an) en 781 après J.-C., sous la dynastie Tang.
Si je devais partir Seul Sur une île Avec toi Je verrai dans les reflets Du soleil Les océans bleutés Tissés sous les nuages Je toucherais Le rêve des poissons aimants Dans les grands fonds Dans les murmures des coquillages
Si je devais partir, seul, Sur une île, avec toi, Les hippocampes Danseraient les sémaphores Encres des bleu ardoise Hippocampes des lunes Mage de sa flamme Neige aux processions éternelles Sous la coupe Du vin bleu des étoiles
Si je devais partir Seul Sur une île Avec toi Nous accomplirons la langue Et le langage Nous accomplirons le ciel Dans des polymorphes À la nuit spongieuse des Gorgones Fille des vaisseaux D’argents Mystérieuses ondulations Des safrans Dans les amphores de lune.
Ton ventre enfantera Le feu et les braises Levant sous le corail Les toiles vierges D’un Gauguin. Je t’y verrai
Comme autant De cathédrales Comme les couleurs Du bon pain Comme le feu D’un maître danseur de l’opale.
Si je devais partir, seul, Sur une île, avec toi, Nous contemplerons Le bruissement Des sables et des météores Dans la chapelle antique Fresques d’un mausolée Peignant l’aurore À l’Orphée d’un cierge À l’aube des couleurs
Si je devais partir, seul, Sur une île, avec toi, Et que tu ne sois pas là Je te garderai À ma traversée Compas de mon linceul Je te garderai Sans implorer le vent Sans crainte Des eaux calmes Sans perdre aux naufrages La magie des fonds marins.
Je te garderai Et mon île sera, À la volupté Des caresses de ton sein, Le lagon de ta chair Lune heureuse Lune à fond de cale D’une chaîne embrassant Sa plume Gardienne du temple D’Angkor Zéphyr d’une nuit sans lune Où ton page Offre à la couleur des vagues Les grappes de raisins Et la pourpre de ton pagne
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