ode à l’oubliée

elle est l’épure
brume qui feutre l’horizon
pour y cacher la douleur
main tendue vers les soupirs
et les coins d’ombre
courbe tranquille et seule
narguant les lignes dures
où paradent
les hallebardes

elle est l’oubliée des livres
des notes et des couleurs
trop occupée à battre
le tambour incessant
du jour et de la nuit

elle est le chemin caché
le long des berges bruyantes
la lumière du soir
drapant de tendresse
les âmes fissurées
l’odeur primale
de la peau caressée
la bouche tant aimée
pour ses mots ses baisers

elle est la frondaison
d’un gai printemps
dansant dans le vent
silhouette effacée
derrière les premiers plans
des paravents

elle est le murmure poignant
entre les cris
entre les mots
et son chant à elle
est le chant le plus beau

elle est l’avant
elle est l’après
elle est le sel d’aujourd’hui

et notre seul futur

…à toutes mes femmes

Texte de Luc Fayard. Voir la version illustrée.

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