ligne noire d’horizon

survolant la mêlée sur un nuage blanc
je rejoindrai la ligne noire d’horizon
visitant ma vie en spectateur indolent
comme d’un ballon poussé par les vents contraires
de la destinée et du hasard je verrai
tous les gens que j’aimais se déchirer sur terre

alors du haut d’un ciel sombre
pressé par le temps raccourci
j’enverrai ma déclaration
en quelques éclats de mots
comme une pluie d’étoiles
une tombée de pétales

nous sommes des morceaux d’âme
galets mal taillés roulés par le torrent
des rencontres serpentines
molécules entrechoquées de sentiments
poussières de sable en syphon
sans raison ni colonne vertébrale

souffrant de l’insignifiance
de notre incomplétude
où le corps n’est rien
et les mots peu de choses
il nous reste une certitude
c’est la veine de l’amour
qui donne à nos ombres
la chaleur qui nous répare
et nous fortifie
comme le sillon d’or
d’une faïence kintsugi

puis le tonnerre grondera
et le vent furtif dissoudra
dans la blancheur de l’éternité
la nue de mes mots effilochés

Texte de Luc Fayard inspiré par Kintsugi Sea, de Faz Fazou. Voir la version illustrée

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