C’est l’idée centrale d’un petit livre très précis – Google Spleen, par Renaud Chareyre, Editions interactive lab – qui détaille le paradoxe de Google: d’un côté le moteur de recherche est censé donner aux internautes le résultat le plus pertinent avec le moins de clics possibles; de l’autre le revenu publicitaire de Google qui assure 95% de son chiffre d’affaires est essentiellement proportionnel au nombre de clics. C’est simple: plus l’internaute clique, plus il met du temps à obtenir son info et moins il est content. Mais s’il l’obtient tout de suite, il fait peu de clics et déclenche peu de revenus. C’est PageRank – le système de classement des pages – contre Adwords – l’achat de mots-clés.
Certes, rien de nouveau dans l’idée: tout le monde sait que Google se présente au public comme une aide à l’information alors qu’il est avant tout la plus formidable machine publicitaire de tous les temps.
Par contre les mécanismes sous-jacents, vus du côté de l’annonceur et de l’internaute sont très bien expliqués dans ce livre qui n’a qu’un seul défaut, son titre, qui n’a rien à voir avec le sujet. Mais si vous vous posez des questions sur la façon dont fonctionne AdWords, d’abord vous avez raison de vous les poser, car le fonctionnement de la machine est incroyablement opaque et ensuite lisez ce livre, il vous éclairera… un peu. Car, évidemment, il ne fait que suggérer les grandes tentations auxquelles sont soumises les dirigeants de Google (par exemple , privilégier un lien sponsorisé par rapport à un lien naturel) sans en apporter vraiment la démonstration. IL ne s’agit pas de jeter l’anathème sur Google, il et évident que les mêmes tentations agitent les dirigeants de Yahoo ou de Microsoft. Mais obliger les grands moteurs à un peu plus de transparence devient indispensable, compte tenu de l’importance qu’ils prennent dans l’économie et la société. Ah, les insondables mystères du SEO (search engine optimization)!…