Creux, voûté. Il te dira : je suis. Cette courbe était où je suis. Les yeux courbés et cette ligne, c’est lui (lac), et sans le voir encore (et cette ligne). Tenu comme une de ses branches. Le second, comme un arc. Ou l’un de ses doubles.
Ou bien : creusé en avant du regard, creusé comme (un lac). C’est lui, ou l’un de ses doubles, celui qui se courbe, celui qui se creuse, où maintenant je suis.
« Est-ce qui, donné, n’est plus. »
Et cette ligne est creusée sous les yeux. La courbe des ciels, l’étirement des ciels.
Je tiens une de ses branches.
Le récit, en marche, est le récit de ces courbes, ou de ces veines, tiré longuement comme un arc, et creusé, proche :
(il n’y a plus que le mouvement des veines, et je vois maintenant sur sa peau le dessin). La forme creuse et voûtée d’un lac. La couleur creuse et voûtée d’un lac. Il tombe, il ouvre la bouche. A l’endroit où : la poussière d’un lac. Je dis : un récit commence, et cette phrase est vraie où je suis. Présent : à la couleur creuse et voûtée, à cette forme, à l’indistinction des ciels.
Tu es tout entière dans ma bouche.
Ici s’achevait la lecture.
Il y avait encore ces mots : « couché, bientôt couché où je marche ».
Jean-Marie Gleize. Léman. Seuil. 1990 (extrait)
