Jaccottet (Philippe) : Toute fleur n’est que la nuit

Toute fleur n’est que la nuit
qui feint de s’être rapprochée

Mais là d’où son parfum s’élève
je ne puis espérer enrer
c’est pourquoi tant il me trouble
et me fait longtemps veiller
devant cette porte fermée

Toute couleur, toute vie
naît d’où le regard s’arrête


Ce monde n’est que la crête
d’un invisible incendie

Philippe Jaccottet. Airs. Oiseaux, fleurs et fruits. Poésie 1946-1967