Auteur : Ovide

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Souvent il porte ses mains à son œuvre pour s’assurer si c’est une chair ou un ivoire ; il ne veut pas encore s’avouer que c’est un ivoire. Il lui donne des baisers et croit qu’ils lui sont rendus ; il lui parle, il l’embrasse. […]

    Vénus a exaucé ses vœux. Il revient, il court à l’objet de sa flamme, il se penche sur le lit et lui donne un baiser. Elle lui semble tiède ; il approche de nouveau ses lèvres, il presse son sein de sa main : l’ivoire amolli perd sa dureté, il cède aux doigts, il s’enfonce, comme la cire de l’Hymette s’amollit au soleil.

    Tandis qu’il s’étonne, qu’il hésite à se réjouir et qu’il craint de se tromper, l’amant touche et retouche de la main l’objet de ses désirs : c’est un corps, les veines battent sous la pression du pouce.

    Ovide (Publius Ovidius Naso) – Les Métamorphoses, Livre X, traduction de Désiré Nisard (1806-1888)