Auteur : Miguel Aubouy

  • Plaidoyer pour la curiosité – Miguel Aubouy : Des hommes couverts de nuages

    📂 Sélection des archives Infotekart

    Quand on était journaliste à InfoTekArt, on était curieux des technos et des hommes. En voici un spécimen rare multifacette qui parle de curiosité justement

    Couverture du livre 'Des hommes couverts de nuages' de Miguel Aubouy, avec un fond jaune et le titre en noir, présenté sous un format simple.
    Miguel Aubouy – Des hommes couverts de nuages

    Petit et jaune: le livre est curieux. Et son contenu encore plus: un court essai formidable sur la curiosité, moteur de l’innovation.
    Par Miguel Aubouy, lui-même homo sapiens multicarte (chercheur et romancier pour le moins, et essayiste maintenant).
    Aux Editions Nullius In Verba, issues bien sûr du fameux « Nullius addictus judicare in verba magistri » d’Horace: que nul ne défère à la parole d’un maître! Ne vous soumettez pas à la parole d’autorité (bon c’est dans le bouquin tout ça mais j’aime bien!…)
    Un livre publié sous licence Creative Commons BY-NC: on en fait ce qu’on veut, sauf du pognon.
    Un livre dispo chez lulu.com qui comme son nom ne l’indique pas est le premier éditeur en ligne de livres auto-édités (1 000 livres par  jour, plus d’un million d’auteurs), créé par Bob Young, ancien CEO de Red Hat (logiciel libre).

    Et puis, surtout, un contenu jouissif qui parle de crapaud et de « sérendipité » (découvrir par accident) et qui milite pour l’esprit de curiosité , opposé au culte de l’obsession.Avec plein d’exemples issus des contes comme des découvertes scientifiques.
    Et pour finir un véritable plaidoyer pour la curiosité, bâties sur un trépied: l’indiscipline, l’ignorance et l’amoralité. Pour découvrir, pour inventer, il faut ne pas suivre les règles, savoir qu’on ne sait pas, se retrousser les manches et se salir les mains
    Au fait pourquoi ce titre? Parce que obnubilare en latin veut dire : couverts de nuages. Nous sommes tous des hommes couverts de nuages « parfaitement préparés à ne jamais découvrir ».
    « Qui tait son fou meurt sans voix » dit Henri Michaux, cité par Miguel Aubouy. Que c’est beau et vrai!

    première publication dans Infotekart : 19 juillet 2013

  • L’illusion de savoir – Miguel Aubouy : Le syndrome de Vasco de Gama – 2014

    📂 Sélection des archives Infotekart

    Un auteur à découvrir, poète et savant et un sujet intemporel. Il n’en fallait pas plus pour exhumer cette pépite des archives d’InfoTekArt

    Couverture du livre 'Le syndrome de Vasco de Gama' de Miguel Aubouy, présenté dans un format jaune.

    Quand Vasco de Gama découvre les Indes en 1498, il décrit un temple hindou comme si c’était une église chrétienne, car il ne peut imaginer qu’il s’agisse d’une autre religion!

    Cette erreur incroyable d’un des plus grands explorateurs de tous les temps forme le début saisissant de ce petit traité sur l’innovation de Miguel Aubouy Le syndrome de Vasco de Gama.

    L’auteur, à la fois scientifique et poète, et éditeur (Editions Nullius in Verba) poursuit avec cet opuscule sa publication régulière de petits livres jaunes sur l’innovation, dont j’ai déjà parlé ici.

    Et la lecture en est toujours aussi plaisante : l’ouvrage fourmille d’anecdotes et de circonvolutions pour nous aider à comprendre un peu mieux ce qu’est l’esprit de découverte et d’innovation.


    J’adore notamment toutes les citations qu’il utilise, comme celle-ci de René Char « La vérité est la moins saisissable des réalités ». Ou encore Thomas Samuel Kuhn, philosophe des sciences : « Tout se passe comme si nous ne retenions des signaux qui nous parviennent de l’environnent que ceux qui sont à la fois conformes à nos connaissances, étayent nos convictions, justifient nos actions, rencontrent nos rêves et nos imaginaires. » Ou encore, la plus belle, de Saint Augustin: « Qu’est-ce qu’un homme? Des yeux et des fantômes ».
    Et Miguel Aubouy termine sa démonstration éclatante avec, forcément, une citation de poète: « N’apprends qu’avec réserves. Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête – innocent ! -, sans songer aux conséquences. » (Henri Michaux).
    L’auteur conclut et cela résume bien sa pensée: « Le principal obstacle à la découverte de la Terre n’a pas été l’ignorance mais l’illusion de savoir… »

    première publication dans Infotekart : 19 mars 2014