Auteur : Léa Cerveau

  • Déserte

    D’argile et de pierres
    D’ocre et de sang

    Je suis façonnée
    Par les fumerolles
    Bercée par les légendes

    Mon corps n’est que parole
    Et ma parole est cendre
    Enfantée par les roches
    Par-delà les méandres

    Mes pieds foulent le sol

    Chaos incandescent
    D’où d’indomptables et folles
    Rivières prennent naissance

    Sauvage et éphémère
    Éternel mouvement
    Que celui de la terre
    Soulevée par les vents

    Je suis une prière
    Une femme mouvante
    Animale
    Déferlante
    Solitaire
    Reliée au vivant
    Par les racines dans mon ventre.
    Je suis le désert
    Le désert est mon antre.

    Texte de Léa Cerveau; voir la version illustrée

  • Déserte

    Brigitte Biechy-Payrastre – N.167 (2019) –  acrylique sur toile

    Des aplats géométriques texturés et des lignes de faille s'articulent dans une gamme de gris minéraux et de contrastes feutrés. Brigitte Biechy-Payrastre travaille l'acrylique sur toile par strates superposées, évoquant les traces effacées d'un paysage déserté par le temps.

    D’argile et de pierres
    D’ocre et de sang

    Je suis façonnée
    Par les fumerolles
    Bercée par les légendes

    Mon corps n’est que parole
    Et ma parole est cendre
    Enfantée par les roches
    Par-delà les méandres

    Mes pieds foulent le sol

    Chaos incandescent
    D’où d’indomptables et folles
    Rivières prennent naissance

    Sauvage et éphémère
    Éternel mouvement
    Que celui de la terre
    Soulevée par les vents

    Je suis une prière
    Une femme mouvante
    Animale
    Déferlante
    Solitaire
    Reliée au vivant
    Par les racines dans mon ventre.
    Je suis le désert
    Le désert est mon antre.

    Texte de Léa Cerveau, dite Léa La Poétique, inspiré par le tableau N.167 de Brigitte Biechy-Payrastre  – 2019 –  acrylique sur toile -114 cm x 142 cm

  • Toi qui t’es tu (slam)

    Qui es-tu
    toi qui t’es tu ?
    Toi qui ne pépies plus.

    Sur un fil tendu,
    je t’ai entraperçu.
    Je me suis reconnue.
    Deux pattes frêles,
    et un ersatz d’ailes,
    un cœur-citadelle
    en guise de maison,
    et nos imperfections
    comme belle toison.
    Dans nos silences,
    Naissaient les confidences,
    nos histoires d’errance.
    Et sur ce fil tendu,
    toi qui ne pépiais plus,
    moi,
    je t’ai entendu.
    Un moineau ordinaire,
    ni bavard, ni disert,
    qui dans son nid d’hiver
    tendait ces ailes pour ressembler
    aux vautour ou aux éperviers
    aux aigles épris de liberté.

    Toi tu te sentais grêle,
    perché sur ta ficelle.
    Petit, si petit
    au milieu des géants.
    Moi, je me sentais fragile,
    assise dans la ruelle,
    petite, si petite,
    et presque insignifiante.

    Nous nous racontions nos histoires,
    sans un mot, sans parler.
    Dans nos regards noirs,
    nous lisions les secrets,
    et nos ailes brisées,
    et nos corps chétifs,
    et nos coeurs sensibles,
    et nos silences débiles.

    Et dans un cri, fébrile,
    moi je t’ai chantonné :
    « Je t’aime, tel que tu es ».
    Et toi petit oiseau,
    que je trouvais si beau,
    tu t’es mis à chanter.
    Bien mieux que l’épervier.
    Bien mieux que le corbeau.
    Et moi, avec mon coeur d’enfant
    au milieu des titans,
    je me suis mise à danser,
    Je me suis mise à aimer.
    Bien mieux que ces furieux,
    Que ces gens trop sérieux,
    Bien mieux que les gens normaux
    Qui ne parlent plus aux moineaux.

    Texte et musique : Léa Cerveau; illustré par une image de l’IA Canva

  • Toi qui t'es tu

    Qui es-tu
    toi qui t’es tu ?
    Toi qui ne pépies plus.

    Sur un fil tendu,
    je t’ai entraperçu.
    Je me suis reconnue.
    Deux pattes frêles,
    et un ersatz d’ailes,
    un cœur-citadelle
    en guise de maison,
    et nos imperfections
    comme belle toison.
    Dans nos silences,
    Naissaient les confidences,
    nos histoires d’errance.
    Et sur ce fil tendu,
    toi qui ne pépiais plus,
    moi,
    je t’ai entendu.
    Un moineau ordinaire,
    ni bavard, ni disert,
    qui dans son nid d’hiver
    tendait ces ailes pour ressembler
    aux vautour ou aux éperviers
    aux aigles épris de liberté.

    Toi tu te sentais grêle,
    perché sur ta ficelle.
    Petit, si petit
    au milieu des géants.
    Moi, je me sentais fragile,
    assise dans la ruelle,
    petite, si petite,
    et presque insignifiante.

    Nous nous racontions nos histoires,
    sans un mot, sans parler.
    Dans nos regards noirs,
    nous lisions les secrets,
    et nos ailes brisées,
    et nos corps chétifs,
    et nos coeurs sensibles,
    et nos silences débiles.

    Et dans un cri, fébrile,
    moi je t’ai chantonné :
    « Je t’aime, tel que tu es ».
    Et toi petit oiseau,
    que je trouvais si beau,
    tu t’es mis à chanter.
    Bien mieux que l’épervier.
    Bien mieux que le corbeau.
    Et moi, avec mon coeur d’enfant
    au milieu des titans,
    je me suis mise à danser,
    Je me suis mise à aimer.
    Bien mieux que ces furieux,
    Que ces gens trop sérieux,
    Bien mieux que les gens normaux
    Qui ne parlent plus aux moineaux.

    Texte et musique : Léa Cerveau; illustré par une image de l’IA Canva
    à voir en « Poésique » dans Galerie Amavero
  • Hommage à Magritte

    Dany a des livres plein la tête.
    Des livres savants,
    Des livres d’enquêtes,
    Des livres à l’eau de pluie,
    A l’eau de rose,
    Certains qu’on utilise comme parapluie
    D’autres qu’on pose…
    Et qui calent une porte, ou un creux.
    Des livres que l’on dévore,
    Dont on tombe amoureux.
    Certains dont on se lasse avant la fin,
    Certains qui nous agrippent par les mains,
    Avec lesquels on danse jusqu’au petit matin.

    Des livres,
    Aussi discrets qu’un sémaphore,
    Aussi secrets qu’une métaphore,
    Aussi dévorants qu’un rébu
    s De Magritte au début,
    Puis mystérieux sur la fin,
    Avec un goût de jamais lu.
    Des histoires d’art et d’épées,
    De capes et d’été,
    De soleil qui vous toisent,
    Et puis de mer d’Iroise.
    Des livres en somme !
    Qui emplissent la tête,
    Que dis-je ? Le cœur des hommes.

    Texte: Léa Cerveau
    inspiré de
    Hommage à Magritte, de Dany

  • Hommage à Magritte

    Dany – Hommage à Magritte

    Dany a des livres plein la tête.
    Des livres savants,
    Des livres d’enquêtes,
    Des livres à l’eau de pluie,
    A l’eau de rose,
    Certains qu’on utilise comme parapluie
    D’autres qu’on pose…
    Et qui calent une porte, ou un creux.
    Des livres que l’on dévore,
    Dont on tombe amoureux.
    Certains dont on se lasse avant la fin,
    Certains qui nous agrippent par les mains,
    Avec lesquels on danse jusqu’au petit matin.

    Des livres,
    Aussi discrets qu’un sémaphore,
    Aussi secrets qu’une métaphore,
    Aussi dévorants qu’un rébus
    De Magritte au début,
    Puis mystérieux sur la fin,
    Avec un goût de jamais lu.
    Des histoires d’art et d’épées,
    De capes et d’été,
    De soleil qui vous toisent,
    Et puis de mer d’Iroise.
    Des livres en somme !
    Qui emplissent la tête,
    Que dis-je ? Le cœur des hommes.


    Texte de Léa Cerveau inspiré de Hommage à Magritte, de Dany – acrylique sur toile