Auteur : Johann-Wolfgang von Goethe

  • Johann-Wolfgang von Goethe : L’audace donne du génie

    Tant que ne vous êtes pas engagé, persistent l’hésitation, la possibilité de se retirer, et toujours aussi, dès qu’il s’agit d’initiative ou de création, une certaine inefficacité.
    Il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà miné nombre de grandes idées et de plans merveilleux: c’est que, dès l’instant où vous vous engagez, la providence intervient elle aussi.
    Toute une série d’événements jaillissent de la décision, comme pou l’appuyer par toutes sortes d’incidents imprévus, de rencontres et de secours matériels, dont vous n’auriez jamais rêvé qu’ils puissent survenir.
    Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le.
    L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie.
    … Commencez maintenant
    Johan Wolfgang von Goethe

  • Johann-Wolfgang von Goethe : Der Erlkönig (Le Roi des Aulnes)

    Wer reitet so spät durch Nacht und Wind?
    Es ist der Vater mit seinem Kind;
    Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
    Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

    Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht? –
    Siehst, Vater, du den Erlkönig nicht?
    Den Erlenkönig mit Kron und Schweif? –
    Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. –

    « Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
    Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
    Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
    Meine Mutter hat manch gülden Gewand. »

    Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
    Was Erlenkönig mir leise verspricht?
    -Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
    In dürren Blättern säuselt der Wind. –

    « Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
    Meine Töchter sollen dich warten schön;
    Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
    Und wiegen und tanzen und singen dich ein. »

    Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
    Erlkönigs Töchter am düstern Ort? –
    Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
    Es scheinen die alten Weiden so grau. –

    « Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
    Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt. »
    Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
    Erlkönig hat mir ein Leids getan! –

    Dem Vater grausets, er reitet geschwind,
    Er hält in Armen das ächzende Kind,
    Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
    In seinen Armen das Kind war tot.

    
Qui chevauche si tard dans la nuit dans le vent ?
    C’est le père avec son enfant,
    Il serre le garçon dans ses bras,
    Il le tient fermement, il le garde au chaud

    Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage d’effroi ?
    Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
    Le roi des Aulnes avec couronne et traîne ?
    Mon fils, c’est une traînée de brouillard.

    Toi cher enfant, viens, pars avec moi !
    Je jouerai à de bien jolis jeux avec toi,
    Il y a tant de fleurs multicolores sur le rivage
    Et ma mère possède tant d’habits d’or

    Mon père, mon père, n’entends-tu pas
    Ce que le Roi des Aulnes me promet doucement ?
    Calme-toi, reste calme, mon enfant,
    Le vent murmure dans les feuilles mortes

    Veux-tu, petit garçon, venir avec moi ?
    Mes filles doivent déjà d’attendre
    Mes filles conduisent le Rhin nocturne,
    Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses

    Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
    Les filles du Roi des Aulnes cachées dans l’ombre ?
    Mon fils, mon fils, je le vois bien,
    Les saules de la forêt semblent si gris.

    Je t’aime, ton joli visage me touche,
    Et si tu n’es pas obéissant, alors j’utiliserai la force !
    Mon père, mon père, maintenant il me saisit
    Le Roi des Aulnes me fait mal.

    Le père frissonne d’horreur, il chevauche promptement,
    Il tient dans ses bras l’enfant gémissant
    Il parvient au village à grand effort
    Dans ses bras l’enfant était mort.

  • Johann-Wolfgang von Goethe : Ginkgo bilboa

    Dieses Baums Blatt, der von Osten
    Meinem Garten anvertraut,
    Gibt geheimen Sinn zu kosten,
    Wie’s den Wissenden erbaut.

    Ist es ein lebendig Wesen,
    Das sich in sich selbst getrennt?
    Sind es zwei, die sich erlesen,
    Dasz man sie als Eines kennt?

    Solche Frage zu erwidern,
    Fand ich wohl den rechten Sinn:
    Fühlst du nicht an meinen Liedern,
    Dasz ich Eins und doppelt bin?

    La feuille de cet arbre
    Qu’à mon jardin confia l’Orient
    Laisse entrevoir son sens secret
    Au sage qui sait s’en saisir.

    Serait-ce là un être unique
    Qui de lui-même s’est déchiré ?
    Ou bien deux qui se sont choisis
    Et qui ne veulent être qu’un ?

    Répondant à cette question
    J’ai percé le sens de l’énigme
    Ne sens-tu pas d’après mon chant
    Que je suis un et pourtant deux ?

    Poème de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) : poète, philosophe, chercheur et botaniste, il dédia ce poème à une tendre amie, Marianne von Willemer en 1815 (dans son Divan occidental et oriental )