Une huître dit à sa voisine : « J’ai une très grande douleur en moi. C’est lourd et rond et je suis en détresse. »
Et l’autre huître répondit avec une satisfaction hautaine : « Loués soient les cieux et la mer, je n’ai aucune douleur en moi. Je vais bien et suis en bonne santé à la fois dedans et dehors. »
À ce moment un crabe passa par là et entendit les deux huîtres, et il dit à celle qui allait bien tout à la fois dedans et dehors : « Oui, tu vas bien et tu es en bonne santé à la fois dedans et dehors; mais la douleur que porte ta voisine est une perle d’une excessive beauté. »
Auteur : Khalil Gibran
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Gilbran (Khalil): La Perle
Khalil Gilbran, L’Errant -
Khalil Gibran : Le Prophète
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leurs donnez votre amour mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes. Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer prend pour ligne de mire le chemin de l’infini et vous tend de toute Sa puissance pour que ses flèches s’élancent avec vélocité et à perte de vue. Et lorsque Sa main vous ploie, que ce soit alors pour la plus grande joie. Car de même qu’Il aime la flèche qui fend l’air, Il aime l’arc qui ne tremble pas.
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Khalil Gibran : La Voix de l’Éternelle Sagesse
Quand nous aimons, notre amour n’est ni de nous ni pour nous. Quand nous nous réjouissons, la joie n’est pas en nous, elle participe de la vie même. Quand nous souffrons, la souffrance ne réside pas en nos blessures, elle est au coeur même de la nature…
L’homme est pareil à l’écume de la mer flottant à la surface de l’eau. Sitôt que souffle le vent, elle se dissipe et c’est alors comme si elle n’avait jamais existé. Ainsi en est-il de notre vie lorsque la Mort l’emporte.
L’éther porte chaque éclat de rire et chaque soupir de nos coeurs ; il préserve leur écho qui répond à chaque baiser donné dans la joie.
Les anges inscrivent sur leurs registres chaque larme versée pour la douleur, et ils portent aux oreilles des esprits errants dans les espaces de l’infini chaque chant de joie inspiré par nos amitiés.
Demain, nous distinguerons et percevrons chaque vibration de nos sentiments et chaque mouvement de nos coeurs. Nous comprendrons le dessein de la divinité en nous, qu’aujourd’hui nous avons en dédain du fait de notre désespoir.
Cette chose que, dans notre culpabilité, nous appelons aujourd’hui fragilité, apparaîtra demain comme un maillon essentiel dans la chaîne complète de l’homme…
La Vie est comme une île perdue dans l’océan de la solitude, une île dont les rochers seraient nos espérances et les arbres nos rêves, dont les fleurs seraient notre solitude et les ruisseaux nos aspirations…
A mes bien-aimés qui sont sans défense, je dis: courage, car au-delà de notre monde de matière réside une immense puissance, une puissance qui n’est qu’une justice, Compassion, Pitié et Amour.
Vous êtes pareil à une fleur poussant dans un endroit obscur. Mais, la douce brise viendra qui sèmera votre graine dans la lumière du soleil où, de nouveau, vous vivrez dans la beauté.
Vous êtes pareil à l’arbre nu qui plie sous le poids de la neige en hiver. Mais le printemps viendra qui jettera sur vous son manteau de verdure. Alors la vérité déchirera le voile de pleurs qui cache votre rire.
