Auteur : William Blake

  • William Blake : The Tyger / Le Tigre

    Tyger Tyger, burning bright,
    In the forests of the night;
    What immortal hand or eye,
    Could frame thy fearful symmetry?

    In what distant deeps or skies,
    Burnt the fire of thine eyes?
    On what wings dare he aspire?
    What the hand, dare seize the fire?

    And what shoulder, & what art,
    Could twist the sinews of thy heart?
    And when thy heart began to beat,
    What dread hand? & what dread feet?

    What the hammer? what the chain,
    In what furnace was thy brain?
    What the anvil? what dread grasp,
    Dare its deadly terrors clasp!

    When the stars threw down their spears
    And water’d heaven with their tears:
    Did he smile his work to see?
    Did he who made the Lamb make thee?

    Tyger Tyger burning bright,
    In the forests of the night:
    What immortal hand or eye,
    Dare frame thy fearful symmetry?

    Tigre, tigre, feu ardent
    Dans les forêts de la nuit
    Quelle main, quel œil, immortels
    Ont pu façonner ta redoutable symétrie ?

    Dans quels lointains abîmes, dans quels cieux
    Brûla le feu de tes yeux ?
    Sur quelles ailes osa-t-il s’élancer ?
    Quelle est cette main qui ose saisir le feu ?

    Quelle épaule, et quel art
    Ont pu bander les arcs de ton cœur ?
    Et quand ce cœur se mit à battre,
    Quelle main redoutable ? Quel pied redoutable ?

    Quel marteau ? Quelle chaîne ?
    Dans quelle fournaise fut forgé ton cerveau ?
    Quelle enclume ? Quelle poigne redoutable
    Osa saisir ses terreurs mortelles?

    Quand les étoiles ont jeté leurs lances,
    Et arrosé le ciel de leurs larmes,
    A‑t-il souri en voyant son œuvre?
    Celui qui fit l’agneau, t’a‑t-il fait aussi?

    Tigre, tigre, feu ardent
    Dans les forêts de la nuit
    Quelle main quel œil, immortels
    Ont pu façonner ta redoutable symétrie ?

    Songs of Experience, 1794. Traduction : Jean Migrenne et Luc Fayard
    source de l’extrait : Recours au poème

  • William Blake : Voir un monde dans un grain de sable

    To see a World in a Grain of Sand
    And a Heaven in a Wild Flower,
    Hold Infinity in the palm of your hand
    And Eternity in an hour.

    Voir un monde dans un grain de sable
    Et un paradis dans une fleur des champs,
    Tenir l’infini dans la paume de ta main
    Et l’éternité dans l’heure présente

    William Blake. Auguries of Innocence (Augures de l’innocence) écrit en 1803 mais publié posthume en 1863

  • William Blake : Celui qui lie la joie à lui-même

    Celui qui lie la joie à lui-même
    Ne fait que détruire la vie ailée;
    Mais celui qui embrasse la joie au vol
    Vit dans le soleil levant de l’éternité.

    He who binds to himself a joy
    Does the winged life destroy;
    But he who kisses the joy as it flies
    Lives in eternity’s sunrise.

    William Blake. The Marriage of Heaven and Hell (Le Mariage du Ciel et de l’Enfer), 1793