Auteur : André de Richaud

  • André de Richaud : Testament (1966)

    Autrefois j’aurais voulu être le dernier oiseau du dernier platane
    La première lueur du matin sur l’aile d’un olivier
    L’orange de midi, bien pendue sur ses feuillages de parfum
    Et ce nuage qui joue autour du phare
    J’aurais voulu être une phrase coupée au ras d’un poème
    Découvert par une jeune fille aux cils de pavot
    Au bord d’un grenier de Provence

    Mais maintenant
    Mon dernier désir est que mon souvenir brûle
    Les pierres où il est gravé
    Ici et là au petit vol de mes voyages
    Les sables de la mer n’ont pas besoin de dictionnaire
    Toutes les feuilles meurent en automne
    Rien n’est qu’un feu mort au fond d’un ruisseau sec
    Que mon visage s’écrase en vous
    Ombre de ma jeunesse
    Et qu’il ne reste rien de ce fer rouge

    In Marc Alyn : « André de Richaud » ; Pierre Seghers éditeur (Poètes d’aujourd’hui), 1966
    Source sur fb : Bernard-Jean L’Herbier
    André de Richaud (1907-1968)