Artiste : Ferdinand Hodler

  • Ferdinand Hodler : La nuit (1914)

    Ferdinand Hodler – La Nuit – 1914
  • la voie de l’invisible

    je suis le courant abyssal 
    portant la mer sur ses épaules
    je suis la rosée du matin
    avant sa première perle
    je suis la racine de l’arbre 
    qui le pousse vers le ciel
    je suis le murmure des feuilles
    pénétrant la peau
    comme une perfusion de douceur

    mon pollen donne la vie
    à tout être qui veut la goûter
    mes parfums enivrent les âmes
    unies dans le même souffle
    ma tristesse façonne l’esprit
    pour le fortifier
    mes désirs vibrent à l’unisson
    comme les cordes d’une harpe
    mes ondes créent l’arc-en-ciel de lumière
    sur la voûte du chemin

    je suis le vent de toutes les colères
    et de l’amour aussi
    je suis l’aiguille de l’horloge des cœurs
    et quand mes rêves construisent 
    la réalité du silence
    je suis l’impossible pensée avant les mots

    je suis le destin la peur 
    la mort
    je suis la beauté 
    née avant toute chose
    avant même 
    la gravité de l’univers

    Ferdinand Hodler – Lac de Thoune avec réflexion symétrique au lever du soleil (1904)

    Texte de Luc Fayard illustré par le tableau Lac de Thoune avec réflexion symétrique au lever du soleil, de Ferdinand Hodler.