Artiste : Christine Robion
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infini de l’eau
le fluide coule
en vert et bleu
l’horizon se voûte
sous la lourdeur du ciel
là-bas la ligne fuit
voici la seule solitude
qui vaille d’être vécue
trois cent soixante degrés
sans reliefs ni repères
le cœur se prend
d’une émotion sauvage
incontrôlée
bientôt l’espace sera vidé
de ses oiseaux gris et blancs
on guettera les dauphins
qui viendront jouer
peut-être
mais en attendant
rien que le vent et la mer
le souffle et la glisse
et au milieu
enfin seule
mon âme
pour me dire peut-être
qui je suis -
madeleines
la maison fait penser
aux madeleines de Proust
exhalant un passé
teinté de mystère
et de failles de scénario
ici et là dans l’histoire
le feu des souvenirs
se mélange au miroir
du présent recomposé
qui sommes-nous
dans l’aller-retour constant
de la mémoire trouéeTexte de Luc Fayard inspiré par La Maison aux hortensias, par Christine Robion
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rêve rouge
cette nuit-là
le rêve fut rouge
c’est rare
un rêve en couleurs
d’habitude ils sont gris
mais cette nuit-là
il était rouge
comme le sang
il roulait à toute vitesse
avec un bonnet d’âne
ses roues de bulldozer
écrasaient tout le monde
ça criait partout
et dans la fureur c’est là
que je me suis réveilléTexte de Luc Fayard inspiré par Enfance rouge, de Christine Robion






