Artiste : Célia Ebert

  • je me souviens

    Une œuvre abstraite en noir et blanc, présentant des formes angulaires et des contrastes entre des zones sombres et claires.
    Célia Ebert – Cartographie mentale (2024)

    Frottage au fusain & lavis d’encre de Chine. Effacement, grattage – 2024.

    Tirage pigmentaire signé et numéroté.

    Née au contact direct de la pierre, cette œuvre explore la trace et l’empreinte.

    Le fusain capte les reliefs du sol, comme une mémoire spontanée.

    Le lavis d’encre de Chine habite ces formes, jusqu’à faire émerger une cartographie mentale, où l’accident dialogue avec l’aléatoire.

    je me souviens
    j’étais un crabe triste
    glissant d’une algue à l’autre
    et le soir aux piaillements crissants
    des grands oiseaux blancs
    j’allais me terrer dans mon antre

    je me souviens
    j’étais une araignée maigre
    pendue à sa filandre
    aux arbres de branche en branche
    et dans le matin cru éblouissant
    je me recroquevillais en pleurant

    je me souviens
    la vie prenait mille teintes
    sans frontière entre noir et blanc
    c’était avant l’arrivée de la couleur
    mais personne n’en avait besoin
    les enfants le savent bien

    je me souviens
    des épaules basses des visages longs
    ce n’est pas grave disait-on
    il faut juste un peu
    de poussière et d’encre
    pour pleurer

    je me souviens
    quand tout a changé
    l’horizon frondeur
    a voulu se teindre en bleu
    ce fut la bataille de la terre et du feu
    et le ciel a fini par gagner

    je me souviens
    quand la tristesse s’en est allée
    faisant place au sourire
    dans les chemins moins escarpés
    aux pierres moins glissantes
    les grains de sable se sont mis à jouer

    je me souviens de ton premier rire

    Texte de Luc Fayard inspiré par Cartographie mentale, de Célia Ebert