Deux jeunes femmes se tiennent dans une clairière : l’une debout en robe bleu clair, l’autre assise, coiffée d’un chapeau à bord rouge. Autour d’elles, les troncs et les feuillages sont peints en larges plages de vert, de jaune et de rouge. August Macke fait de cette promenade un moment de lumière suspendu. Huile sur toile.
Artiste : August Macke
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qui parle
quel est ce chemin
sinuant de l’esprit à la phrase
cette invisible alchimie
transmuant une impression confuse
en envie de dire
puis en suite grammairienne
de mots aléatoires
objets complexes par définition
puisque signifiants et signifiésqui parle pour moi
le cœur l’âme les sentiments
la mémoire l’enfance
voire même les préjugés les racismes ordinaires
les blocages l’inconscient le rapport à la mère
ou tout simplement l’amour la haine
en tout cas ce n’est pas la raison ouf
car elle nous mènerait droit au ploufpourquoi tel mot me vient en tête
plutôt que tel autre
est-ce parce qu’il sonne mieux
qu’il me parait plus vrai
c’est-à-dire conforme à ma vision
ce que j’écris dépend-il
de mon humeur du moment
ou bien d’une inclination profonde
qui serait la marque de mon êtreen quoi mon vocabulaire de crabe aveugle
peut-il m’aider à peindre
l’essence des choses
comment ma révélation maladroite
d’un univers intime
pourrait-elle prétendre à l’universel
et surtout quel est cet enchantement
qui donnerait à ma construction
hasardeuse et personnelle
la volonté imparable
d’un parangon de beautéquand je commence une phrase
sais-je vraiment comment la finir
et quand je débute un texte
en connais-je déjà la chute
se pourrait-il donc
que cette maturation ontologique
ne fût que simple hasard
rencontre à conclusion indéterminée
entre l’homme et son contexte
chimie des neurones
et de l’estomacune seule chose est sûre
le reste n’est que balivernes
quand j’ai commencé ce texte
je n’avais pas décidé
qu’il se terminerait
par le mot estomacTexte de Luc Fayard, illustré par trois tableaux : Constructive composition , de Joaquim Torres Garcia, Colored Composition, d’August Macke et The Passion of creation, de Leonid Pasternak
Republication de ce texte publié en juin 2024, car il s’illustre avec deux tableaux de plus.
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ronde des si
si le cercle est brisé
vais-je retourner sur mes pas
ou bien bâtir une passerellesi les bouts scindés se relient
atteindrai-je mon départ
ou bien les traces d’un nouvel envolsi je franchis les traits de couleurs
verrai-je le ciel s’éclaircir
ou bien la terre sombrersi la foule se presse en chemin
se tiendra-t-on vraiment la main
ou bien marcherai-je isolési trois notes franchissent la mer
entendrai-je une symphonie
ou bien le solo du désespoirsi je respire longtemps
sentirai-je une forme d’énergie
ou bien l’impermanencedans l’infini du vide
le cercle ne dit rien me dit tout
je ne suis rien je suis tout
Texte de Luc Fayard, inspiré par Cercle – Ascèse VIII, 2007- Série: « Silencieuse Coïncidence« , de Fabienne Verdier, à qui j’ai demandé une autorisation de reproduction mais qui ne m’a pas répondu; en attendant , je l’illustre avec Disques de Newton, de Frantisek Kupka (que j’aime aussi beaucoup !). Et puis finalement non! Kupka n’est mort qu’en 1957 si je puis dire (donc moins de 70 ans qui est la durée de prescription en France pour avoir le droit de reproduction). En finale, j’ai choisi Auguste Macke et son tableau de 1912. Ouf Mais si vous connaissez Fabienne Verdier, transmettez-lui ma supplique !Voir et entendre la version poésique (récitation musicale)










