Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Je voudrais que tu aies le cul qui pèle et les bras trop courts pour te gratter.Extrait de


  • tisseur de liens

    tisseur de liens
    en ribambelle
    le temps n’efface rien
    créateur de privilèges
    il fabrique en secret
    les connivences
    les plaisirs partagés des sens
    avoir reçu ensemble la beauté d’un paysage
    goûté la même symphonie
    cherché la ligne d’horizon sur la mer nue
    accueilli l’inattendu
    avec la même bienveillance
    le temps cache un trésor synchrone
    de vibrations accordées
    sur la basse continue des gestes infimes
    au bord du précipice
    en plein cœur de cyclone
    face aux murs érigés par l’indifférence
    ou la séparation
    la toile tissée par le temps
    s’étend sur nous
    et nous accueille
    au creux de ses millions de nœuds intimes
    même si parfois certains se déchirent
    la toile grandit chaque jour
    plus forte de nouveaux liens
    le temps n’efface rien
    les cicatrices seront toujours là
    mais les fêlures fixent le souvenir
    et l’attention
    au monde à l’amour
    aux univers en expansion
    les milliards de secondes communes
    resteront les étoiles de notre vie


  • Mallarmé (Stéphane) : Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

    Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
    Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
    Ce lac dur oublié que hante sous le givre
    Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

    (suite…)

  • vivre

    penser qu’on peut exister
    comme un diaporama où la pensée nage
    sur l’océan bleu des mirages
    créés d’instants juxtaposés
    dans une vie multi strates
    croire à l’obligation d’un sens
    créé par le flux des convergences
    quand ne vivent que dérives disparates
    on voudrait s’imaginer
    habitant d’un monde récent
    on n’est que nervure de présent
    dégoulinant de passé
    dans la vie informe
    rien ne se crée
    rien de secret
    ni les espoirs ni les candeurs
    ni les sourires ni les malheurs
    ni les passions ni les regrets
    tout se transforme
    même l’amour n’est plus ce qu’il était
    alors dites-moi
    qui suis-je
    sinon l’écriture d’un point d’interrogation
    orthodoxe de la fluidité
    paradoxe de la futilité
    plus on s’interroge moins on sait
    et plus on se persuade qu’on existe
    sans savoir où on va
    ni pourquoi on est là
    qui peut me donner l’ambition
    d’être au-delà de moi
    comment vivre ma vie d’émoi
    dans cette impermanence
    plus je passe et m’use
    plus les questions fusent
    quel est le sens de ma vie passée
    qui peut me convaincre
    que je ne suis pas rien
    que je suis vraiment
    autre chose que
    la goutte d’écume chassée par le vent
    l’écorce de terre pendue aux filandres
    le zigzag de lumière dans les méandres
    le jour et la nuit fondant lentement
    autre chose que
    les notes de musique s’élançant en spirale
    les non-dits auteurs de tensions inutiles
    le théâtre obscur du verbiage futile
    le brouhaha grossier d’un monde qui râle
    autre chose que
    ce cri noué dans l’âme
    cette pensée en va et vient
    cette répétition muselée
    comme un bourdon qui plane
    heureusement
    il me reste un territoire inviolé
    mes rêves mes nuits
    tintamarre d’absurdités
    mélange d’âges et de lieux
    voilà peut-être la seule réalité
    ce capharnaüm étoilé
    vivre c’est rêver
    mais je ne suis pas fou
    on peut tout omettre
    quand il reste la vie donnée
    la seule vérité
    qui peut rendre heureux
    le seul concert audible
    ces yeux qui me regardent
    comme si j’existais pour eux
    ils me sourient ils me gardent
    à tous ces futurs je dirai
    merci de me tenir en haleine
    je ne sais pas où je vais mais
    avec vous le voyage vaut la peine


  • vie croquée

    tu es la vie
    croquée d’un large sourire
    lumineuse élancée 

    tu bondis
    lune et soleil 
    le même rire
    tout est mouvement chez toi
    flèche volant au but tout droit
    mais qui flânerait en route
    à ses moments de doute
    secrète comme un pays de cocagne
    où tu pourrais rêver
    si l’envie t’en prenait

    avec toi tout est possible
    ils le savent bien
    tu leur as donné la main
    les voilà qui s’accolent
    en farandole
    tu es la vie 
    avec sa force ses secrets ses espoirs
    tu as les plus grands yeux du monde
    ceux qui t’aiment y plongent en délices
    dans un bain de jouvence
    peuplé de connivence
    tu es la vie
    tu n’es pas un ange 
    je le sais bien
    je t’ai vue naître 
    je m’en souviens
    mais à te voir secouer tes cheveux
    et poser sur le monde subjugué
    l’immense voile de ton cœur heureux
    on devine les ailes qui t’emportent
    loin très loin 
    plus loin que toutes les portes
    à Z.

  • unisson

    le bleu court
    le marron noircit
    le vert frissonne
    le gris s’assombrit
    la nature est un spectacle 
    de couleurs qui fuient

    le vent dans les feuilles
    le soleil sur la peau
    le brouhaha de la vallée
    la valse des odeurs
    la vie est un habitacle 
    de forces invisibles 
    le cœur s’emballe 
    le corps refroidit 
    l’âme s’attriste 
    l’esprit s’enflamme 
    l’homme est un réceptacle 
    à l’unisson du monde

Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025