Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 411 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Breton (André) : C'est aussi le bagne


    C’est aussi le bagne avec ses brèches blondes comme un livre sur les genoux d’une jeune fille
    Tantôt il est fermé et crève de peine future sur les remous d’une mer à pic
    Un long silence a suivi ces meurtres
    L’argent se dessèche sur les rochers
    (suite…)


  • Saint-Exupéry (Antoine de) : C'est une folie d'haïr toutes les roses

    C’est une folie d’haïr toutes les roses parce que une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’un ‘a échoué…C ‘est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allée dans la bonne direction. Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ…
    Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince


  • réalité

    je vois mon bureau l’écran la vieille fenêtre et sa vitre sale 
    le trait de zinc impuissant à protéger la terre trempée 
    je vois le buis rigide et fort les plates-bandes décharnées 
    qui renaîtront pourtant une femme intrépide le sait 
    je vois l’herbe vert et marron rase et bosselée 
    la mare immuable désertée par les canards 
    plus loin le saut du loup les champs et les forêts 
    je ne vois personne dans tout ce paysage 
    tapis les oiseaux pleurent les corneilles sont lasses 
    les lapins s’emmitouflent le cul blanc apeuré 
    et les sphères de la terre brassée par les taupes 
    dessinent les toits aériens d’un labyrinthe caché 
    puis je vois le ciel gris et noir qui prend toute la place 
    le jeu des ombres sur la terre embrumée 
    la lumière blanche transperce les nuages 
    c’est bien moi le seul homme de cette vie animée 
    je crée cet univers vibrant de mille souffles mêlés 
    qui entrent en moi pour nourrir ma passion 
    plan après plan tout n’est qu’extension 
    je deviens herbe champ oiseau arbre forêt

  • lili la lune là

    Lili regarde
    la lune danse
    pour toi et moi
    la lune est là
    couchée en niche
    la lune vit
    dedans sa mue
    la lune a bu
    fâchée en nage
    la lune à l’houx
    mouille son dos
    la lune à l’eau
    se fout du loup
    la lune lit
    puis se rendort
    la lune luit
    et rit là-haut
    lune qui ment
    jamais faucille
    tu es marteau
    qui frappe les
    douze longs coups
    à la minuit
    fais donc comme elle
    et vit la nuit
    quand il fait noir
    dessous la lune
    les chats sont gris
    et les regrets
    aussi Lili


  • voile transparent

    J’ai vécu ce moment incroyable
    La dernière fois où sa poitrine s’est soulevée
    Je n’aurai jamais imaginé cela
    Et malgré tous nos débats nos conflits
    Malgré surtout l’attente vaine et le non dit
    Un voile gris s’est abattu sur ma vie
    Les gens les objets les paysages ont perdu du relief
    Vivre est devenu un film en sépia
    Où les couleurs ont fondu
    Comme dans un tableau de Turner
    Comment supporter le poids de l’invisible
    Marcher dans un monde sans liesse
    Où le rire se fend
    Où le soleil se rend
    Vous rêvez au ralenti dans des rues inconnues
    Sans savoir où aller
    Parfois vous reconnaissez quelqu’un
    Sans pouvoir lui parler
    Que dire
    La douleur givre et vous pétrifie
    Longtemps la situation sera figée
    Dans cette vie atrophiée
    Puis la renaissance viendra par les sons
    Chaque jour ils seront plus nets et les contours aussi
    Vous marcherez plus vite dans des rues connues
    Aux visages amis vous direz bonjour
    Gaiement sans retenue
    Le voile sera chaque jour plus transparent
    Et enfin un beau matin le soleil est là
    L’invisible n’est pas remplacé
    Il s’est installé dans votre cœur
    Et vous vivez avec lui en lui souriant
    Avec lui se sont éteints
    Les regrets les reproches les jugements
    Il ne reste que l’amour
    Il ne reste en vous
    Que du beau du chaud
    Du doux du lisse et du fluide
    Le temps est une merveilleuse machine
    A magnifier le passé
    Et c’est tant mieux


Dernières publications d’art et de poésie

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025