Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • port du sud

    Tiphaine de Belenet – Couleurs sur le port

    tous les bruits sont là
    le gai klaxon des voitures
    sur les quais agités
    de mouvements variés
    le boum-boum-boum
    des bateaux à moteur
    glissant sur l’eau
    le bruissement
    des filets de pêche
    enroulés à la poupe
    les voix riantes
    qui s’interpellent
    en crieurs de marché

    d’habitude un tableau
    c’est le silence
    mais ici dans tous ses bleus
    la vie même

    Texte de Luc Fayard inspiré par Couleurs du port, de Tiphaine de Belenet


  • voiles

    Emma Lisa – Mettre les voiles

    des voiles dans tous les sens
    aux géométries improbables
    le vent fou nous fera perdre la tête
    on le sait bien
    puissance de l’allégorie
    et de la métonymie
    urgence de prendre la barre
    partir loin là-bas
    gardant avec précaution
    les voiles croisées
    belle allure vent arrière
    les marins le savent bien
    mais difficile à tenir
    comme la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Mettre les voiles, d’Emma Lisa


  • pays de l’enfance

    Virginie Ressy – Les Roses trémières

    les roses trémières
    illuminent le sentier
    de ce pays magique
    où volètent des fées
    déguisées en fleurs
    les lampions éclairent
    la pénombre des frondaisons
    les arbres chantent
    à mi-voix
    des berceuses qui parlent
    de géants aux bottes d’or
    c’est le pays de l’enfance

    Texte de Luc Fayard inspiré par Les Roses Trémières, de Virginie Ressy


  • indices de table

    Nature morte avec des tomates et des oignons sur une nappe à rayures rouges.
    Jehanne Roesch – Oignons, tomates

    rouge et blanc sur noir
    prémisses de goût
    promesses de futur soyeux
    puissance de l’ingrédient
    et de la sémiologie
    dans ces fruits et légumes
    posés négligemment
    sur la table
    tout reste à naître
    et c’est tant mieux
    prenons le temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Oignons et tomates, de Jehanne Roesch


  • phare de l’île

    Marie Leroy – Le phare de Guincho

    parfois le temps s’arrête
    le vent aussi
    ils font la pause
    entre deux tempêtes
    l’occasion de respirer
    et de regarder dans le ciel
    un nuage qui se rebelle

    la mer s’est vidée
    de tous ses bateaux
    une autre séquence se vit
    celle du silence
    de la réflexion
    mais attention
    la vie n’est pas ce que tu crois
    bientôt il faudra te courber
    sous les embruns à venir

    Texte de Luc Fayard inspiré par Le phare de Guincho, de Marie Leroy
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025