Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction
épaules ramassées coudes posés peu importe le jeu pas d’argent sur la nappe qu’on soit méthodique ou intuitif la vie se résume à cela des figures sur des cartes le silence et la confrontation
Texte de Luc Fayard, inspiré par Les Joueurs de cartes, de Paul Cézanne Voir aussi nos deux galeries d’art d’œuvres seules : Art contemporain, Art moderne
Jean-Claude Vernier – Le Grand Débat (2020)Éric Stein – Le Silence éveille les hommes (2020)Nathalie Dumontier – Un Long et épais silence (2015)Âme Sauvage – Souvenir (2020)Street ArtRomaric -SilenceLucas Aguirre – Viejos Problemas Nuevas Soluciones (2021) – image numérique
Artistes cités de haut en bas,de gauche à droite : Jean-Claude Vernier, Éric Stein, Nathalie Dumontier, Âme Sauvage, Street art, Romaric, Lucas Aguirre, Eva Lhoest, Morgane Ely, Agnes Cecile, Ann Imhof, Daniel Richter, Taher Asad-Bahktiari, Lucio Fontana
Véronique Lévy-Scheimann – Au-delà du paysage (2020)
autour de toi les champs se déhanchent les nuages frémissent les bancs d’oiseaux filent au-delà du paysage tout devient flou tu vois ton cœur agité de tant de désirs les souvenirs tristes ranimés à la surface mais au-delà de tout l’envie de partir comme un oiseau libre
Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau de Véronique Lévy Scheimann Au-delà du paysage
Re-publication d’une ancienne trouvaille géniale d’Infotekart (il y a 19 ans) : Worth1000, un site qui publiait des détournements humoristiques mais artistiques de chefs-d’œuvres. Malheureusement le site a disparu mais j’ai pu retrouver quelques copies que j’avais faites à l’époque. Enjoy !
quel est ce chemin sinuant de l’esprit à la phrase cette invisible alchimie transmuant une impression confuse en envie de dire puis en suite grammairienne de mots aléatoires objets complexes par définition puisque signifiants et signifiés
qui parle pour moi le cœur l’âme les sentiments la mémoire l’enfance voire même les préjugés les racismes ordinaires les blocages l’inconscient le rapport à la mère ou tout simplement l’amour la haine en tout cas ce n’est pas la raison ouf car elle nous mènerait droit au plouf
pourquoi tel mot me vient en tête plutôt que tel autre est-ce parce qu’il sonne mieux qu’il me parait plus vrai c’est-à-dire conforme à ma vision ce que j’écris dépend-il de mon humeur du moment ou bien d’une inclination profonde qui serait la marque de mon être
en quoi mon vocabulaire de crabe aveugle peut-il m’aider à peindre l’essence des choses comment ma révélation maladroite d’un univers intime pourrait-elle prétendre à l’universel et surtout quel est cet enchantement qui donnerait à ma construction hasardeuse et personnelle la volonté imparable d’un parangon de beauté
quand je commence une phrase sais-je vraiment comment la finir et quand je débute un texte en connais-je déjà la chute se pourrait-il donc que cette maturation ontologique ne fût que simple hasard rencontre à conclusion indéterminée entre l’homme et son contexte chimie des neurones et de l’estomac
une seule chose est sûre le reste n’est que balivernes quand j’ai commencé ce texte je n’avais pas décidé qu’il se terminerait par le mot estomac
Joaquim Torres-Garcia – Constructive Composition (1943)August Macke – Colored Composition (Homage to Johann Sebastian Bach) (1912)Leonid Pasternak – The Passion of creation (1924)
Texte de Luc Fayard, illustré par trois tableaux : Constructive composition , de Joaquim Torres Garcia, Colored Composition, d’August Macke et The Passion of creation, de Leonid Pasternak
Republication de ce texte publié en juin 2024, car il s’illustre avec deux tableaux de plus.
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle, Et les tristes discours Que te met en l’esprit l’amitié paternelle L’augmenteront toujours
Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine, Et n’ai pas entrepris, Injurieux ami, de soulager ta peine Avecque son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin ; Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L’espace d’un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière, Elle aurait obtenu D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Qu’en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d’accueil ? Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque Ote l’âme du corps, L’âge s’évanouit au deçà de la barque, Et ne suit point les morts…
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ; On a beau la prier, La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre, Est sujet à ses lois ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience, Il est mal à propos ; Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science Qui nous met en repos.
François de Malherbe. Poésies, 1599.
François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026
Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)
Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)
Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes
We have not long to love. Light does not stay. The tender things are those we fold away. Coarse fabrics are the ones for common wear. In silence I have watched you comb your hair. Intimate the silence, dim and warm. I could but did not, reach to touch your arm. I could, but do not, break that which is still. (Almost the faintest whisper would be shrill.) So moments pass as though they wished to stay. We have not long to love. A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer. La lumière ne restera pas. Les choses tendres sont celles que nous rangeons. Les tissus grossiers sont ceux du quotidien. En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux. Un silence intime, tamisé et chaleureux. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile. (Le moindre murmure serait strident.) Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester Nous n’avons pas longtemps pour aimer. Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).
Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
Galerie du baroque
Galerie de la Genèse
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