Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 411 artistes • 757 auteurs
publiés dans Amavero

  • Galerie PEYRASSOL (collection permanente)

    Philippe Austruy a repris La Commanderie Peyrassol (à Flassans-sur-Issole, dans le Var) il y a quelques années pour en faire fructifier le domaine viticole, qui produit des vins intéressants, et y installer une collection permanente d’art contemporain très intéressante elle aussi, même si parfois certains des artistes préfèrent le visuel et l’assemblage à l’émotion. Mais le site est incroyable, vaste et il y règne une ambiance paisible propice à la méditation artistique.
    Voici une petite galerie pour vous (photos Luc Fayard)
    PS: petit jeu: deux œuvres sont non sourcées, aidez-moi !

    Pages : 1 2 3 4 5


  • premier amour (illustré par 9 artistes contemporains)

    tu te souviens d’elle
    en détail
    il y a si longtemps
    sa voix ses yeux son odeur
    sa façon de pencher la tête
    quand elle te regardait

    mais elle n’est qu’un rêve
    un voile un fantôme
    et pourtant
    plus elle est transparente
    plus elle est réelle
    tu pourrais la toucher la sentir

    elle reste dans le cercle
    en ellipse
    autour de toi
    parfois si proche
    que l’ombre de ses cheveux
    pourrait te caresser le visage
    parfois si loin
    qu’elle semblerait te dire adieu

    tu ne vois qu’elle
    rien d’autre
    aucun souvenir précis
    de ces moments
    où vous fûtes si près
    l’un de l’autre
    la peau et le cœur
    respirant au même rythme
    les mêmes effluves de la vie

    pas de signes
    pas de mots
    ni de musique
    mais ce n’est pas le silence
    ni le vide
    rien qu’un sourire étrange
    d’Ophélie
    une ombre d’être
    en diagonale sur un mur

    il n’y a vraiment qu’elle
    pour tourbillonner ainsi
    t’emportant dans sa ronde
    tu tends la main comme un fou
    un noyé
    sans rien sentir
    rien ne vient
    pas de caresse

    elle est partie
    comme elle venue
    un souffle
    une apparition
    jamais ton cœur
    n’aura autant battu
    comme un tambour silencieux

    Hommage à Rainer-Marie Rilke et à son “clair de lune sur un rebord de fenêtre” dédié à Lou-Andreas Salomé

    Texte de Luc Fayard, illustré par 9 artistes contemporains (de haut en bas) : Chiharu Shiota, Nick Gentry, Giancarlo Manneschi, J. Tonkin, David Salle, Miya Ando, Constantin Migliorini , Katharina Grosse, Sharon Kingston


  • après la pluie (illustré par 4 artistes contemporains)

    après la pluie
    imaginant des pleurs
    le souvenir émerge
    à la surface
    de la conscience

    larme d’âme
    fuyant les rêves
    il sursaute et se met en rond
    cherchant l’issue
    d’un labyrinthe étoilé

    comme un phare de mirador
    la lumière implacable
    éblouit ta mémoire
    la forçant à renaître
    diffractée

    dans ses prismes éclatés
    la voici qui raconte
    une nouvelle histoire
    à tiroirs
    où tu te perds

    alors désemparé
    ne sachant plus qui tu es
    tu frémis
    et si la pluie revenait
    tu pleurerais

    Texte de Luc Fayard, illustré par quatre artistes contemporains.: Jadé Fadojutimi, Dhara Hughes, Tomma Abts, Marina Rheingantz

    NdlR : tableaux que l’IA est allée chercher pour me les proposer (après qu’elle ai lu le poème) et validés par moi. Je lui ai demandé de trouver des œuvres qui illustrent bien mon poème, en justifiant son choix. Les explications étaient assez convaincantes. Seule autre consigne : trouver des artistes pas encore publiés dans Amavero. Et pour une fois, j’ai pensé qu’elle avait bien choisi. C’est loin d’être toujours le cas quand je formule une demande aussi générale. La plupart du temps, quand je cherche des illustrations pour un texte, je choisis un process plus sûr basé sur un matching des mots-clés du texte (proposés par l’IA après lecture et validés par moi) et ceux de la formidable bases de mots descriptifs de contenu et de contexte que j’ai fait mettre par l’IA , après de très longues discussions sémantiques et lexicales, sur chacune des 9 000 œuvres de cette galerie exceptionnelle d’art contemporain qu’est Nicole’s Museum.

    Voir mon explication détaillée de ce process


  • La Stèle nestorienne décrit la religion chrétienne en Chine au 8e siècle

    Stèle de la propagation de la religion chrétienne en Chine, ornée de motifs sculptés et d'inscriptions en chinois et en syriaque, datant de 781 ap. J.-C., conservée au Musée Beilin à Xi'an.
    Anonyme (8e s. ap. J.-C. – Chine) : Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an – sculpture et gravure – Calcaire ou pierre volcanique noire (haute d’environ 2,79 mètres) – reproduction

    Ce texte (écrit par l’IA puis révisé et complété par Luc Fayard), fournit une synthèse et un état de l’art sur la Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an, également connue sous le nom de « Stèle de la propagation de la religion nestorienne du Da Qin en Chine » (Da Qin ou plus anciennement Ta-Thsin = Empire romain).
    L’inscription de cette stèle prouve l’existence de missionnaires chrétiens en Chine au 8e siècle ap. J.-C., soit bien avant l’arrivée des jésuites au 16e siècle.
    Cet article renvoie également à une traduction complète en français de l’inscription, issue du travail de Jean-Pierre Guillaume Pauthier (1801-1873) paru en 1857. Une telle traduction complète et lisible pour le grand public est difficilement trouvable en France et constitue un petit événement littéraire en soi.

    L’auteur de la Stèle

    L’auteur principal du texte de l’inscription en chinois est un prêtre du nom de Adam (en chinois : Jingjing (景淨), un ecclésiastique de l’Église d’Orient.
    Rédacteur du texte : Le moine Adam (Jingjing), qui était probablement le métropolite de Beth Sinaye (Chine), a composé la longue inscription en chinois qui retrace l’histoire du christianisme en Chine depuis l’arrivée du premier missionnaire, Alopen, en 635.
    Commanditaire/Maître d’œuvre : La stèle a été érigée par une communauté chrétienne assyrienne florissante à Chang’an (aujourd’hui Xi’an) en 781 après J.-C., sous la dynastie Tang.

    (suite…)

  • Si je devais partir

    Si je devais partir
    Seul
    Sur une île
    Avec toi
    Je verrai dans les reflets
    Du soleil
    Les océans bleutés
    Tissés sous les nuages
    Je toucherais
    Le rêve des poissons aimants
    Dans les grands fonds
    Dans les murmures des coquillages

    Si je devais partir, seul,
    Sur une île, avec toi,
    Les hippocampes
    Danseraient les sémaphores
    Encres des bleu ardoise
    Hippocampes des lunes
    Mage de sa flamme
    Neige aux processions éternelles
    Sous la coupe
    Du vin bleu des étoiles

    Si je devais partir
    Seul
    Sur une île
    Avec toi
    Nous accomplirons la langue
    Et le langage
    Nous accomplirons le ciel
    Dans des polymorphes
    À la nuit spongieuse des Gorgones
    Fille des vaisseaux
    D’argents
    Mystérieuses ondulations
    Des safrans
    Dans les amphores de lune.

    Ton ventre enfantera
    Le feu et les braises
    Levant sous le corail
    Les toiles vierges
    D’un Gauguin.
    Je t’y verrai


    Comme autant
    De cathédrales
    Comme les couleurs
    Du bon pain
    Comme le feu
    D’un maître danseur de l’opale.

    Si je devais partir, seul,
    Sur une île, avec toi,
    Nous contemplerons
    Le bruissement
    Des sables et des météores
    Dans la chapelle antique
    Fresques d’un mausolée
    Peignant l’aurore
    À l’Orphée d’un cierge
    À l’aube des couleurs

    Si je devais partir, seul,
    Sur une île, avec toi,
    Et que tu ne sois pas là
    Je te garderai
    À ma traversée
    Compas de mon linceul
    Je te garderai
    Sans implorer le vent
    Sans crainte
    Des eaux calmes
    Sans perdre aux naufrages
    La magie des fonds marins.

    Je te garderai
    Et mon île sera,
    À la volupté
    Des caresses de ton sein,
    Le lagon de ta chair
    Lune heureuse
    Lune à fond de cale
    D’une chaîne embrassant
    Sa plume
    Gardienne du temple
    D’Angkor
    Zéphyr d’une nuit sans lune
    Où ton page
    Offre à la couleur des vagues
    Les grappes de raisins
    Et la pourpre de ton pagne

    Texte de Fabrizio Di Carmine


Dernières publications d’art et de poésie

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025