Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 477 artistes • 860 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Nous n’avancerons qu’en nous unifiant.(1941)


  • arbre araignée

    Une installation artistique avec de grandes branches d'arbre en bois placées sur une place devant des colonnes d'un bâtiment classique, entourée de passants.
    Henrique Oliveira : L’arbre araignée (installation)

    un jour l’arbre viendra en ville
    il s’accrochera aux pavés
    pour sucer le gaz
    et mieux respirer

    le poids du ciel gris
    abaissera ses branches
    qui ramperont au sol
    comme une araignée

    les bras tordus de douleur
    il continuera de grandir
    vers les marches des palais
    sous l’œil étonné des passants

    mais un jour viendra où
    ses branches durcies
    devenues glaives vengeurs
    renverseront les murs et les portes
    tailladeront les sols
    transperceront les gens

    et la douleur sans fin
    ne sera plus chez lui

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Fitzcarraldo, d’Henrique Oliveira (place Graslin, à Nantes, été 2024)- photo Loïc Venance, AFP


  • Tison (Frédéric) : Je suis larme

    JE SUIS LARME et la plus douce
    Des larmes qui naissent du regard,
    La plus étonnée des larmes,
    La plus pure ai-je longtemps cru;
    Je perle où commencent vaux et forêts,
    Je noierais villes, collines, tertres,
    Châteaux et campagnes si j’étais amère;
    Vois : j’augmente les sources
    De toutes mes vagues, je coule
    Sous tes arbres
    Ajouteras-tu
    Là de tes yeux quelque éclat ?
    Je suis larme et la plus lente
    Qui peine sur ta joue.

    Frédéric Tison. Aphélie, suivi de Noctifer. 2018


  • Raysse, Martial : Une allégresse de vignes

    Une allégresse de vignes
    au penchant du ciel
    ciel de briques rouges de méduses bleues
    au miroir de ton dos
    caparaçonné de bois roussis

    (suite…)

  • La Frenière (Jean-Marc) : Un feu me hante

    Un feu me hante

    Si je n’ai plus de bouche, je parlerai quand même, avec mes pieds, avec mes yeux, avec mes poings, avec mes ongles sur les murs, avec mes doigts aveugles dans le braille des jours. Si les bêtes me dévorent, je parlerai par elles. Je serai l’os sonore dans la gueule du silence. Un feu me brûle et me hante. On ne peut pas tenir en laisse un cœur qui prend feu.

    (suite…)

  • Dorion (Hélène) : L'arbre

    le mur de bois
    s’est fissuré

    une pluie
    de longues tiges
    inquiète nos pas
    tombe comme on tombe
    parfois dans sa propre vie

    j’écoute cette partition
    du temps
    je déchiffre enfin
    le désordre des branches

    les forêts hurlent
    entre racines et nuages

    Hélène Dorion,  Mes forêts


Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025