Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Bits are cheaper than atoms.
Erik Brynjolfsson and Andrew McAfee, The Second Age of Machine


  • réceptacle

    Sylvie Verkos – Sous-bois à Berville

    il faut marcher
    sous ces arbres
    sentir les parfums voler
    voir les couleurs s’épauler
    vibrer de cette vie 
    multiple
    cette énergie pure
    faire le silence en soi
    ne plus être
    qu’un réceptacle calme
    des sons de la forêt
    ses bruissements légers
    comme du feutre à l’âme 

    Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Sous Bois à Berville de Sylvie Verkos .


  • aux pages citoyens

    Anonyme – Sans Titre (sur une partition d’Eugène Ketterer)

    circulez y’a rien à voir
    balayez-moi tout ça
    notes futiles grinçantes
    phrases inutiles trébuchantes
    à quoi ça sert tout ça hein
    rien que du temps perdu

    taisez-vous
    pas de sons pas de mots
    ne parlons même pas des dessins
    n’y pensez plus
    et d’ailleurs
    ne pensez plus
    ou plutôt 
    ne pensez rien
    qu’on ne vous dise de penser
    c’est à peine 
    si vous avez le droit
    de respirer

    allez houste
    les mots les notes
    les dessins les croquis
    les pensées
    à la poubelle
    et qu’on retrouve enfin
    de belles pages blanches
    comme des plages sans touristes
    et sans parasols

    et surtout vides vides
    débarrassées des parasites
    venus d’on ne sait où
    de derrière les mesures 
    et les points d’exclamation
    armés de bécarres
    ou d’allégories les gueux

    mais la nuit
    dans le noir
    ils viendront
    les parasites
    comme des rats affamés
    des serpents à sonnettes
    les sans papier
    les sans notes les sans mot
    ils se glisseront dans vos rues
    et pendant que vous dormirez
    ils fouilleront dans vos poubelles
    derrière vos murs et vos maisons
    pour repartir avec des trésors
    de sens et de beauté
    dont ils feront des étendards
    de toutes les couleurs
    armes de la victoire finale
    sur la fatalité

    aux pages citoyens
    noircissez-les

    Texte de Luc Fayard inspiré par l’actualité permanente de ce fabuleux dessin des balayeurs de notes , probablement sur une partition d’Eugène Ketterer, dessin dont je n’ai pu retrouver la source ; si vous l’avez, donnez-la moi s’il vous plait, J’ai horreur de publier sans sourcer. Merci.


  • Blake (William) : Voir un monde dans un grain de sable

    To see a World in a Grain of Sand
    And a Heaven in a Wild Flower,
    Hold Infinity in the palm of your hand
    And Eternity in an hour.

    Voir un monde dans un grain de sable
    Et un paradis dans une fleur des champs,
    Tenir l’infini dans la paume de ta main
    Et l’éternité dans l’heure présente

    William Blake. Auguries of Innocence (Augures de l’innocence) écrit en 1803 mais publié posthume en 1863


  • objets sur un bureau

    Pavel Mentz – Still Life with Candle and Wine (2024)
    Rosario de Velasco – Objets (1933)

    la vie est là
    en résumé
    et en désordre
    quelques objets
    sur un bureau
    et tout est dit

    sur le mien vieux et beau
    hérité de ma mère
    avec son plateau
    de bois et de cuir vert

    il y aurait

    pas de crâne mais
    la boussole de mon père
    qui savait toujours où il était
    elle ne me sert à rien
    son compas de marin
    à pointes sèches
    pour tracer sa route
    la mienne zigzague
    dans les doutes
    quelques livres bien sûr
    témoins d’une autre vie
    je lisais tellement
    vorace jamais rassasié 
    un bic on ne sait jamais
    mais c’est jamais
    il rouille
    des câbles en tas de nouilles 
    pour me relier au monde
    par peur d’en être coupé
    des écrans plein d’écrans
    pour la même raison
    écrire pour exister
    ou pour oublier qu’on existe

    une tasse de café sale
    qui traîne persistante
    ma seule drogue
    les autres m’ont fait mal

    et puis mes souvenirs
    prégnants ou futiles
    surtout les regards les odeurs
    les strates empilées
    de mon enfance rêveuse
    sans bouger sans actes

    et maintenant comme avant
    mes heures passées seul
    les yeux dans les vagues
    d’un décor apposé
    hier un mur grillagé
    aujourd’hui la vallée verte

    l’âme en constant débord
    pressé par le temps
    les mains sur le clavier
    et sur les écrans gris
    les mots toujours les mots
    qui racontent impassibles
    la litanie de ma vie


    Texte de Luc Fayard inspiré par la photo « Still Life with candle » de Pavel Mentz (voir son site mentzart.com ) que j’ai voulu comparer au tableau Things de Rosario de Velasco (1933) .

    NDLR : A partir de ces deux natures mortes très inspirantes à 90 ans d’écart, je pars à la recherche d’autres natures mortes avec livres et évidemment j’en trouve plein… depuis l’Antiquité (bon d’accord, en trichant un peu !…)
    J’ai rassemblé ma sélection dans une petite galerie pour le plaisir que vous pouvez consulter à votre guise et enrichir bien entendu: voir la page

    AUTRES GALERIES


  • Apollinaire (Guillaume) : L’Adieu

    J’ai cueilli ce brin de bruyère
    L’automne est morte souviens-t’en
    Nous ne nous verrons plus sur terre
    Odeur du temps brin de bruyère
    Et souviens-toi que je t’attends

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913


Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

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  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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    Galerie de la Genèse

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025