Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • barques de pêche

    Claire de Langeron – Calella

    tirées sur la grève
    les larges barques
    au franc bord coloré
    se racontent furtivement
    leurs parties de pêches
    et de promenades
    pas le temps de se reposer
    bientôt elles repartiront
    à nouveau sur les flots
    comme chaque jour

    Texte de Luc Fayard inspiré par Calella, de Claire de Langeron


  • esquisse

    Hélène Benayoun – Petit matin sur le port

    parfois un bateau est juste
    une esquisse de forme
    un reflet dans l’eau
    la proue fière clame
    c’est moi la briseuse de flots
    la coque s’affiche
    comme un étendard
    cachant le carré cosy
    où le marin s’abrite
    les jours de mauvais temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Petit Matin sur le Port, par Hélène Benayoun


  • soupir

    Tiphaine de Belenet – Anse de Maldormé

    la cote se découpe avec fierté
    cachant des lieux secrets
    les vagues languissent
    ou s’abattent en furie
    l’horloge n’égrène pas ici
    les mêmes secondes qu’ailleurs
    la mer se fond à l’horizon
    les lignes s’entassent
    et fusionnent en mourant
    on dirait un soupir
    qui dégusterait son bonheur

    Texte de Luc Fayard inspiré par Anse de Maldormé, de Tiphaine de Belenet


  • olivier

    Brigitte Cazenave – L’Olivier d’Opio

    l’olivier n’est pas
    qu’un arbre rabougri
    mainte fois taillé
    il peut être fort
    comme un chêne
    et dominer la plaine
    il est si vieux alors
    il en a vu 
    des merles le picorer
    des hommes le secouer
    aujourd’hui enfin stérile
    le centenaire apaisé
    profite de la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Olivier d’Opio, de Brigitte Cazenave


  • chemins

    Marie-Line Dominique de Landrian – Ispahan

    chemins parallèles
    sur saisons renouvelées
    les couleurs de l’humeur
    sont des coulées de larmes
    et de joies mêlées
    drapeaux du monde
    mosaïque de nations
    voyages voyages
    aux nombreux arrêts
    avancées mouvements
    vers le haut
    vers l’avant
     

    Texte de Luc Fayard inspiré par Ispahan, de Marie-Line Dominique de Landrian


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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025