Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
On est de son enfance comme on est d’un pays


  • l’eau de la nuit

    (de gauche à droite) Eugene Jansson : L’aube sur le Riddarfjärd – image Dall.e – John Everett Millais : Ophélie – Claude Monet : La vague verte

    une histoire de ouf
    je suis tombé de haut
    tout au fond de l’eau
    plouf
    splash
    chutant comme une masse 
    sans un cri
    et là tout en bas
    surprise
    une femme sans âge
    douce et nue
    m’attend 
    et me sourit

    moi aussi 
    je suis nu
    c’est embêtant 
    au fond de l’eau 
    on bouge au ralenti
    comme dans un film
    et surtout
    impossible de respirer
    elle touche ma main
    rassure-toi
    me dit-elle
    tu ne respires plus

    amicalement
    je la prends dans mes bras
    et lui dis en pleurant
    je n’ai jamais connu 
    quelqu’un comme toi
    de quoi nous parlâmes
    dans le flot des larmes

    je ne sais
    mais quel effet

    puis gentiment
    elle me pousse
    vers la sortie
    on t’attend à l’accueil 
    de la citadelle
    dit-elle
    c’est le temps 
    de l’exil

    me voici habillé
    d’une blouse d’hôpital
    la fesse à l’air
    errant solitaire
    dans les couloirs pas nets
    d’abord déserts et sombres
    puis peuplés de silhouettes
    floutées comme des ombres

    derrière un guichet
    j’entends une voix
    qui me dit 
    l’accueil c’est ici
    je me penche et plus bas
    dans une vaste baignoire
    une baignoire au fond de l’eau
    me dis-je quelle idée
    une autre femme 
    est allongée 
    nue et vieille
    qui me voyant
    se lève en gémissant

    lourde de fatigue aride
    des gouttes d’eau
    perlant de ses rides
    comme la vie
    qui fuit

    en-dessous d’elle
    au fond de la baignoire
    qui se vide
    comment est-ce possible
    l’eau qui s’en va
    dans l’eau
    deux vieux 
    squelettiques et nus
    la peau foncée
    sur qui manifestement
    elle reposait
    sortent et marmottent
    et gigotent
    encore un peu

    raide comme un piquet
    spectrale
    couverte de blancs cheveux 
    elle me fixe
    tranquillement
    froidement
    de ses yeux aveugles
    et terrifié
    je comprends alors
    que je suis
    à jamais

    dans l’eau de la nuit


    Texte de Luc Fayard illustré par un montage de quatre œuvres: (de gauche à droite, de haut en bas) Eugene Jansson : L’aube sur le Riddarfjärd ; image Dall.e (avec des gens habillés parce que Dall.e n’a pas le droit de dessiner des gens nus); John Everett Millais : Ophélie ; Claude Monet : La vague verte.


  • partition de poésique – ronde des si

    la ronde des si © 2024 by Luc Fayard, Chantal Hannes, Éditions Amavero
    is licensed under CC BY-NC-SA

    Voir autres partitions de poésique


  • partition de poésique – temps de pluie

    temps de pluie © 2024 by Luc Fayard, Chantal Hannes, Éditions Amavero
    is licensed under CC BY-NC-SA

    Voir autres partitions de poésique


  • Toi qui t’es tu (slam)

    Qui es-tu
    toi qui t’es tu ?
    Toi qui ne pépies plus.

    Sur un fil tendu,
    je t’ai entraperçu.
    Je me suis reconnue.
    Deux pattes frêles,
    et un ersatz d’ailes,
    un cœur-citadelle
    en guise de maison,
    et nos imperfections
    comme belle toison.
    Dans nos silences,
    Naissaient les confidences,
    nos histoires d’errance.
    Et sur ce fil tendu,
    toi qui ne pépiais plus,
    moi,
    je t’ai entendu.
    Un moineau ordinaire,
    ni bavard, ni disert,
    qui dans son nid d’hiver
    tendait ces ailes pour ressembler
    aux vautour ou aux éperviers
    aux aigles épris de liberté.

    Toi tu te sentais grêle,
    perché sur ta ficelle.
    Petit, si petit
    au milieu des géants.
    Moi, je me sentais fragile,
    assise dans la ruelle,
    petite, si petite,
    et presque insignifiante.

    Nous nous racontions nos histoires,
    sans un mot, sans parler.
    Dans nos regards noirs,
    nous lisions les secrets,
    et nos ailes brisées,
    et nos corps chétifs,
    et nos coeurs sensibles,
    et nos silences débiles.

    Et dans un cri, fébrile,
    moi je t’ai chantonné :
    « Je t’aime, tel que tu es ».
    Et toi petit oiseau,
    que je trouvais si beau,
    tu t’es mis à chanter.
    Bien mieux que l’épervier.
    Bien mieux que le corbeau.
    Et moi, avec mon coeur d’enfant
    au milieu des titans,
    je me suis mise à danser,
    Je me suis mise à aimer.
    Bien mieux que ces furieux,
    Que ces gens trop sérieux,
    Bien mieux que les gens normaux
    Qui ne parlent plus aux moineaux.

    Texte et musique : Léa Cerveau; illustré par une image de l’IA Canva


  • marcher

    Sigrid M – Chemins

    j’irai par les chemins
    le long des plages blanches
    et des bruyères en fleurs
    le ciel me suivra 
    sans rien dire
    je marcherai ainsi
    les pieds nus et froids
    portant entre leurs doigts
    des grains de sable
    qui grattent qui frottent
    je suis comme eux
    enraciné mais léger
    prêt à m’envoler

    Texte de Luc Fayard inspiré par « Chemins » , de Sigrid M



Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

    Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

    Jacques Bertin : Hymne (2018)

  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

  • Galerie du baroque

    Galerie du baroque

  • Galerie de la Genèse

    Galerie de la Genèse

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025