Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 412 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Pierre Bonnard : Vue de l’atelier d’artiste, Le Cannet (1947)

    Pierre Bonnard – Vue de l’atelier d’artiste, Le Cannet (1947)

  • silence

    épaules ramassées
    coudes posés
    peu importe le jeu
    pas d’argent
    sur la nappe
    qu’on soit
    méthodique
    ou intuitif
    la vie se résume
    à cela
    des figures
    sur des cartes
    le silence
    et la confrontation

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Les Joueurs de cartes, de Paul Cézanne
    Voir aussi  nos deux galeries d’art d’œuvres seules : Art contemporain, Art moderne


  • rien à dire (illustré par 14 artistes contemporains)

    je n’ai plus rien à dire

    non que j’aie tout dit

    loin de là

    mais simplement

    je n’ai plus envie

     

    de rien

    juste me taire

    que les autres se taisent

    que tous fassent silence

    longtemps

    comme une armée

    de statues de pierre

    baissant la face

    après avoir baissé la garde

     

    alors dans ce paysage figé

    on entendra du dedans

    l’âme pleurer

    ruisseau qui se déchire

    sur les galets de nuit

    pluie qui mitraille

    les affiches des murs

    vent grincheux

    sur la tête des gens

     

    plus de mots ronds

    ni de sourires creux

    grimaces de blessures

    plus de cris poussés

    ni de mines jouées

    juste un silence total

    brume grise

    nappant le monde

    de son voile de plomb

     

    et c’est ainsi

    tristes poltrons

    que nous vivrons

    le jour la nuit

    tête baissée

    plein de regrets

    d’avoir vu fuir

    les jours heureux

    sans avoir su

    les retenir

    Artistes cités de haut en bas,de gauche à droite : Jean-Claude Vernier, Éric Stein, Nathalie Dumontier, Âme Sauvage, Street art, Romaric, Lucas Aguirre, Eva Lhoest, Morgane Ely, Agnes Cecile, Ann Imhof, Daniel Richter, Taher Asad-Bahktiari, Lucio Fontana


  • oiseau libre

    Peinture abstraite représentant des collines colorées sous un ciel bleu, avec des touches de blanc et de nuages.
    Véronique Lévy-Scheimann – Au-delà du paysage (2020)

    autour de toi
    les champs se déhanchent
    les nuages frémissent
    les bancs d’oiseaux filent
    au-delà du paysage
    tout devient flou
    tu vois ton cœur agité
    de tant de désirs
    les souvenirs tristes
    ranimés à la surface
    mais au-delà de tout
    l’envie de partir
    comme un oiseau libre

    Texte de Luc Fayard inspiré par
    le tableau de Véronique Lévy Scheimann
    Au-delà du paysage


  • Jouissif détournement visuel de chefs-d’œuvres

    Oreste se casse parce qu’il en a marre de se faire engueuler par des harpies (2025)

    Re-publication d’une ancienne trouvaille géniale d’Infotekart (il y a 19 ans) : Worth1000, un site qui publiait des détournements humoristiques mais artistiques de chefs-d’œuvres. Malheureusement le site a disparu mais j’ai pu retrouver quelques copies que j’avais faites à l’époque. Enjoy !

    (suite…)

Dernières publications d’art et de poésie

  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

    Léon Spilliaert – La couture (1917)

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025