j’aime la ville la nuit
après la pluie
ses lumières
brillent
dans le noir
pour éclairer
la pénombre
des destins
je suis un passant
marchant sans fin
vers une rencontre
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Blake, William
Ton amitié m’a souvent fait souffrir ; soit mon ennemi, au nom de l’amitié.
amitié, ennemi, souffrance
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j’aime la ville la nuit
après la pluie
ses lumières
brillent
dans le noir
pour éclairer
la pénombre
des destins
je suis un passant
marchant sans fin
vers une rencontre
mourir un peu pour savoir
et revenir et le dire
la vie est belle
partir ne me fait pas peur
j’en aurais même envie d’une certaine façon
je meurs de ne pas savoir ce qu’il y a derrière tout cela
au-delà de l’agitation de lumière et d’espoir
d’ombres et de souffrances
quand tout se taira n’y aura-t-il que le noir
je ne peux le croire
si ce néant est la réponse et que je le sache
à quoi bon vivre
si le noir nous attend en sortant du labyrinthe muré
pourquoi continuer à s’affairer
à quoi bon rester
au contraire si tel est mon désir
rien ne sera jamais plus beau que d’y être
autant y aller sans attendre
je n’ai aucune envie de mourir
mais j’aimerais tant savoir
le soleil se perd dans la mer de nuages
sans me donner la réponse
il me faudra mourir pour savoir
je ne veux pas que ce soit définitif
juste mourir un peu
pas longtemps
juste le temps de savoir
je suppose qu’on le sait tout de suite
fulgurance de l’évidence absolue
tout le monde parle de la lumière blanche
au bout du tunnel
je veux aller voir derrière elle
et puis revenir bien sûr
parce que la vie est belle
parait-il
la vie est la vie
elle ne se remplace pas
si c’est ce que je crois
je regretterai de ne pas y rester
ayant goûté expérimentalement au paradis
j’aurai peur de ne pouvoir y revenir
et je vivrai dans cette douloureuse attente
cette effroyable incertitude
le noir c’est plus simple
aucune envie d’y revenir
plus jamais envie de mourir basta
et le jour où je mourrai vraiment
définitivement
s’il me reste un peu de conscience
je me dirai bon c’est fini
j’ai bien vécu et voilà tout
bon je préfère ne pas savoir
mais j’aimerais tant
pelouse interdite
parking réservé
défense de traverser
le sens obligatoire
défense d’entrer
c’est marrant on ne dit jamais
défense de sortir
défense d’uriner
de penser peut-être
défense d’aimer
d’être heureux
je veux embrasser toute herbe défendue
et courir à contre-sens
je veux sourire et crier en même temps
je respire jour et nuit
à pleine âme
le ciel qui s’unit à l’océan
la caresse sifflante du vent dans les voiles
la lumière bruissante du sillage des planctons
réceptacle je respire les éléments en fusion
mystérieux le cerne d’un feu lointain
solitaire le bonjour d’une frégate nerveuse
drapé le silence du paysage
étoilée la nuit de cinéma
blanche et grise l’aube rose et bleue
plus belle ici qu’ailleurs
tout converge vers moi spectateur ébloui
passager nomade éphémère de la mer
j’y respire un air plus fort que la vie
la mer perle
la houle roule
le soleil en veille
la lune en hune
le ciel s’éveille
le vent se tend
la voile s’étoile
la barque se nacre
le sillage en nage
le mât étend son bras
le hauban fait dang dang
et mon cœur boum boum
François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
L’augmenteront toujours
Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n’ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu’en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d’accueil ?
Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l’âme du corps,
L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts…
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N’en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.
François de Malherbe. Poésies, 1599.




Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
We have not long to love.
Light does not stay.
The tender things are those we fold away.
Coarse fabrics are the ones for common wear.
In silence I have watched you comb your hair.
Intimate the silence, dim and warm.
I could but did not, reach to touch your arm.
I could, but do not, break that which is still.
(Almost the faintest whisper would be shrill.)
So moments pass as though they wished to stay.
We have not long to love.
A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
La lumière ne restera pas.
Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
Un silence intime, tamisé et chaleureux.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
(Le moindre murmure serait strident.)
Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

