Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 414 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • qui parle

    quel est ce chemin 
    sinuant de l’esprit à la phrase
    cette invisible alchimie 
    transmuant une impression confuse 
    en envie de dire 
    puis en suite grammairienne 
    de mots aléatoires
    objets complexes par définition
    puisque signifiants et signifiés

    qui parle pour moi
    le cœur l’âme les sentiments 
    la mémoire l’enfance
    voire même les préjugés les racismes ordinaires 
    les blocages l’inconscient le rapport à la mère 
    ou tout simplement l’amour la haine
    en tout cas ce n’est pas la raison ouf
    car elle nous mènerait droit au plouf

    pourquoi tel mot me vient en tête 
    plutôt que tel autre
    est-ce parce qu’il sonne mieux
    qu’il me parait plus vrai 
    c’est-à-dire conforme à ma vision
    ce que j’écris dépend-il 
    de mon humeur du moment 
    ou bien d’une inclination profonde
    qui serait la marque de mon être

    en quoi mon vocabulaire de crabe aveugle 
    peut-il m’aider à peindre 
    l’essence des choses 
    comment ma révélation maladroite 
    d’un univers intime 
    pourrait-elle prétendre à l’universel
    et surtout quel est cet enchantement 
    qui donnerait à ma construction 
    hasardeuse et personnelle
    la volonté imparable 
    d’un parangon de beauté

    quand je commence une phrase 
    sais-je vraiment comment la finir
    et quand je débute un texte 
    en connais-je déjà la chute 
    se pourrait-il donc 
    que cette maturation ontologique
    ne fût que simple hasard 
    rencontre à conclusion indéterminée
    entre l’homme et son contexte
    chimie des neurones 
    et de l’estomac

    une seule chose est sûre
    le reste n’est que balivernes
    quand j’ai commencé ce texte
    je n’avais pas décidé 
    qu’il se terminerait
    par le mot estomac

    Texte de Luc Fayard, illustré par trois tableaux : Constructive composition , de Joaquim Torres Garcia, Colored Composition, d’August Macke et The Passion of creation, de Leonid Pasternak

    Republication de ce texte publié en juin 2024, car il s’illustre avec deux tableaux de plus.


  • Bienvenue à « Poésie de l’Art » sur Amavero !

    Mosaïque du site Poésie de l’Art

    Nous sommes heureux d’accueillir le site Poésie de l’Art qui publie comme nous des duos de poèmes et d’œuvres d’art et son contenu vient donc enrichir la Galerie Amavero. Vous y retrouverez toutes ses publications.
    L’origine de ce site vient des poèmes courts que Luc Fayard a écrit sur des œuvres d’artistes contemporains et c’est donc de nombreux artistes d’aujourd’hui qui viennent enrichir nos pages. Nous leur souhaitons la bienvenue et nous espérons que vous prendrez plaisir à les découvrir. Une partie de ces duos a été publié dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain« , Éditions Amavero, 2023
    Vous pouvez consulter la liste des artistes publiés dans cette Galerie de duos et revenir la voir souvent car elle est régulièrement mise à jour.
    Bonne visite !


  • Tableaux utiles pour illustrer votre discours, associés à 500 mots-clés

    Un article écrit et augmenté de 2013 à 2018: déjà petit, je m’intéressais à l’art… mais d’une manière un peu utilitariste !… Voici le premier article sélectionné sur les archives du blog infotekart.com où, journaliste informatique, j’ai analysé pendant 20 ans (2004-2024) les évolutions de l’entreprise et de la société dans leurs usages des technologies.
    Mais là pas de techno, que de l’art comme une aide au management et à la motivation.
    40 oeuvres d’art, à ce jour, connues ou non

    Choisies par moi pour leur pouvoir d’évocation multifacette et original.

    Un collage d'œuvres d'art variées, incluant des peintures, des sculptures et des affiches, illustrant différents styles et thèmes artistiques.
    Mosaïque des 40 tableaux utiles pour illlustrer votre discours
    (suite…)

  • Lionel-LeMoine FitzGerald : Pool, Snowflake (1928)

    Lionel LeMoine FitzGerald : Pool, Snowflake (1928)

  • Fiche de lecture : 21 leçons pour le XXIe siècle, de Yuval Noah Harari

    Première de couverture du livre « 21 leçons pour le 21e siècle » de Yuval Noah Harari

    Re-publication de ma fiche de lecture de « 21 leçons pour le XXIe siècle », de Yuval Noah Harari. Ses leçons m’avaient passionné et j’en avais écrit une fiche de lecture de 65 pages. Certains de mes amis m’avaient alors demandé quelque chose de plus condensé et j’avait pondu une fiche de 6 pages. J’avais publié sans commentaire ces deux fiches. Le livre est toujours d’actualité même si l’historien l’a prolongé depuis par « Nexus », davantage centré sur les technologies, dont je vous ferai probablement aussi une fiche de lecture !

    (suite…)

Dernières publications d’art et de poésie

  • John McKinstry – Coastal Cottages (2024)

  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

    Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

    Léon Spilliaert – La couture (1917)

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025