Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 411 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et mon cœur
    seul bruit
    de la nuit

    l’aube verra enfin palpiter la rosée
    et parvenu au seuil discret de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Une série de photographies rectangulaires avec des bords texturés, présentant des formes abstraites et légèrement floues sur fond clair.
    Doris Salcedo – Atrabilious (1992-1993) – cloisons sèches, chaussures, vessie de vache et fil chirurgical

    Texte de Luc Fayard illustré par 6 artistes contemporains : (de haut en bas) Toba Khedoori, Vija Celmins, Agnes Martin, Grant-Kenneth MacDonald, Hamish Fulton, Doris Salcedo


  • Galerie PEYRASSOL (collection permanente)

    Philippe Austruy a repris La Commanderie Peyrassol (à Flassans-sur-Issole, dans le Var) il y a quelques années pour en faire fructifier le domaine viticole, qui produit des vins intéressants, et y installer une collection permanente d’art contemporain très intéressante elle aussi, même si parfois certains des artistes préfèrent le visuel et l’assemblage à l’émotion. Mais le site est incroyable, vaste et il y règne une ambiance paisible propice à la méditation artistique.
    Voici une petite galerie pour vous (photos Luc Fayard)
    PS: petit jeu: deux œuvres sont non sourcées, aidez-moi !

    Pages : 1 2 3 4 5


  • premier amour (illustré par 9 artistes contemporains)

    tu te souviens d’elle
    en détail
    il y a si longtemps
    sa voix ses yeux son odeur
    sa façon de pencher la tête
    quand elle te regardait

    mais elle n’est qu’un rêve
    un voile un fantôme
    et pourtant
    plus elle est transparente
    plus elle est réelle
    tu pourrais la toucher la sentir

    elle reste dans le cercle
    en ellipse
    autour de toi
    parfois si proche
    que l’ombre de ses cheveux
    pourrait te caresser le visage
    parfois si loin
    qu’elle semblerait te dire adieu

    tu ne vois qu’elle
    rien d’autre
    aucun souvenir précis
    de ces moments
    où vous fûtes si près
    l’un de l’autre
    la peau et le cœur
    respirant au même rythme
    les mêmes effluves de la vie

    pas de signes
    pas de mots
    ni de musique
    mais ce n’est pas le silence
    ni le vide
    rien qu’un sourire étrange
    d’Ophélie
    une ombre d’être
    en diagonale sur un mur

    il n’y a vraiment qu’elle
    pour tourbillonner ainsi
    t’emportant dans sa ronde
    tu tends la main comme un fou
    un noyé
    sans rien sentir
    rien ne vient
    pas de caresse

    elle est partie
    comme elle venue
    un souffle
    une apparition
    jamais ton cœur
    n’aura autant battu
    comme un tambour silencieux

    Hommage à Rainer-Marie Rilke et à son “clair de lune sur un rebord de fenêtre” dédié à Lou-Andreas Salomé

    Texte de Luc Fayard, illustré par 9 artistes contemporains (de haut en bas) : Chiharu Shiota, Nick Gentry, Giancarlo Manneschi, J. Tonkin, David Salle, Miya Ando, Constantin Migliorini , Katharina Grosse, Sharon Kingston


  • après la pluie (illustré par 4 artistes contemporains)

    après la pluie
    imaginant des pleurs
    le souvenir émerge
    à la surface
    de la conscience

    larme d’âme
    fuyant les rêves
    il sursaute et se met en rond
    cherchant l’issue
    d’un labyrinthe étoilé

    comme un phare de mirador
    la lumière implacable
    éblouit ta mémoire
    la forçant à renaître
    diffractée

    dans ses prismes éclatés
    la voici qui raconte
    une nouvelle histoire
    à tiroirs
    où tu te perds

    alors désemparé
    ne sachant plus qui tu es
    tu frémis
    et si la pluie revenait
    tu pleurerais

    Texte de Luc Fayard, illustré par quatre artistes contemporains.: Jadé Fadojutimi, Dhara Hughes, Tomma Abts, Marina Rheingantz

    NdlR : tableaux que l’IA est allée chercher pour me les proposer (après qu’elle ai lu le poème) et validés par moi. Je lui ai demandé de trouver des œuvres qui illustrent bien mon poème, en justifiant son choix. Les explications étaient assez convaincantes. Seule autre consigne : trouver des artistes pas encore publiés dans Amavero. Et pour une fois, j’ai pensé qu’elle avait bien choisi. C’est loin d’être toujours le cas quand je formule une demande aussi générale. La plupart du temps, quand je cherche des illustrations pour un texte, je choisis un process plus sûr basé sur un matching des mots-clés du texte (proposés par l’IA après lecture et validés par moi) et ceux de la formidable bases de mots descriptifs de contenu et de contexte que j’ai fait mettre par l’IA , après de très longues discussions sémantiques et lexicales, sur chacune des 9 000 œuvres de cette galerie exceptionnelle d’art contemporain qu’est Nicole’s Museum.

    Voir mon explication détaillée de ce process


  • La Stèle nestorienne décrit la religion chrétienne en Chine au 8e siècle

    Stèle de la propagation de la religion chrétienne en Chine, ornée de motifs sculptés et d'inscriptions en chinois et en syriaque, datant de 781 ap. J.-C., conservée au Musée Beilin à Xi'an.
    Anonyme (8e s. ap. J.-C. – Chine) : Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an – sculpture et gravure – Calcaire ou pierre volcanique noire (haute d’environ 2,79 mètres) – reproduction

    Ce texte (écrit par l’IA puis révisé et complété par Luc Fayard), fournit une synthèse et un état de l’art sur la Stèle nestorienne ou Stèle de Xi’an, également connue sous le nom de « Stèle de la propagation de la religion nestorienne du Da Qin en Chine » (Da Qin ou plus anciennement Ta-Thsin = Empire romain).
    L’inscription de cette stèle prouve l’existence de missionnaires chrétiens en Chine au 8e siècle ap. J.-C., soit bien avant l’arrivée des jésuites au 16e siècle.
    Cet article renvoie également à une traduction complète en français de l’inscription, issue du travail de Jean-Pierre Guillaume Pauthier (1801-1873) paru en 1857. Une telle traduction complète et lisible pour le grand public est difficilement trouvable en France et constitue un petit événement littéraire en soi.

    L’auteur de la Stèle

    L’auteur principal du texte de l’inscription en chinois est un prêtre du nom de Adam (en chinois : Jingjing (景淨), un ecclésiastique de l’Église d’Orient.
    Rédacteur du texte : Le moine Adam (Jingjing), qui était probablement le métropolite de Beth Sinaye (Chine), a composé la longue inscription en chinois qui retrace l’histoire du christianisme en Chine depuis l’arrivée du premier missionnaire, Alopen, en 635.
    Commanditaire/Maître d’œuvre : La stèle a été érigée par une communauté chrétienne assyrienne florissante à Chang’an (aujourd’hui Xi’an) en 781 après J.-C., sous la dynastie Tang.

    (suite…)

Dernières publications d’art et de poésie

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025