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Citation Amavero du jour
Si ton plan est sur un an, plante du riz. S’il est sur 10 ans, plante des arbres. S’il est sur 100 ans, éduque tes enfants.…, cité sur FB… Lire
il pleure souvent dans mon coeur quels yeux quel visage quel front et dans les couleurs quelle audace la lumière blafarde mortuaire et pourtant quel attrait quelle gueule on aimerait bien le rencontrer dans un bar
Texte de Luc Fayard inspiré par Paul Verlaine, d’Eugène Carrrière
elle compte plus de rides sur sa peau cuivrée
que d’années dans son corps voûté
toujours elle baisse les yeux et fronce le nez
sans sourire et sans le faire exprès
le soleil distribue la lumière et l’ombre
sur un visage auréolé
ses fins cheveux gris et ambre
amplifient la force de sa stature
pour elle le temps qui passe et qu’il fait
n’a pas notre valeur hypertrophiée
elle l’a définitivement apprivoisé
derrière ses yeux plissés
aucun mystère n’embaume ta vie close tout est annoncé sans bruit sans effet forcé tu avances sur la route morose où ne subsiste même pas l’ombre opaque de tes pas
dans un dernier souffle qui passe baudruche automate tu marches sur la voie imposée sans arches qui te conduit vers une impasse
comment croire à la valeur de ton âme quand tout clame que tu es de passage tu crois sentir une émotion de partage tu n’es que chimie programmée illusion incontrôlée tu crois renaître d’un passé glorieux tu n’es qu’un fragment du souffle des cieux
sachant la fin écrite dès le commencement quand viendra le moment immanquable où poussière nue mot sans vocable tu accompliras ce dernier saut insignifiant extinction sans éclat éternel d’une infime étincelle ce non-événement
des milliards de fois répété ne sera plus un mystère
pour ton âme hébétée ni pour tes avatars
Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « trop tard »
Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par Dall.e sur ce texte
je suis un nuage nu je nage dans l’azur pur qui susurre sans fin j’erre en troposphère
haut sur terre je délibère des miasmes du temps je souris gentiment caressé par le vent tant aimé expirant sobrement dans mes fils emmêlés lissant mes beaux cheveux filandreux gris cire et bleus
parfois je me fâche et lâche trois gouttes dures sur la terre en murmures de ma peau de pèche j’empêche le soleil de couver mon ventre fécond je me love en veille chatte en rond
dans mes bras d’ouate propriétaires j’abrite de multiples hôtes un aéropage d’oiseaux migrateurs en pause transocéanique fatigués et pinailleurs un éclair débutant qui ne sait pas tonner des bruits prisonniers dont je garde la clé un arc en ciel à libérer selon mon désir et tous les souvenirs en sépia des pays survolés rien n’est plus peuplé qu’un nuage tentaculaire rien n’est plus fugace
je vois tout de haut le laid et le beau je me détends je suis gai mouvant je ris des hommes empêtrés dans leur courte vie enflée si vous saviez
ici tout est lent et long pas de route pas de doute tout est frais et surtout teinté d’opacité
je vois tout de ma hutte en fait chut on ne vous l’a jamais dit vous auriez trop d’émoi osez lever la tête et regardez moi je suis le paradis
Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « nuage au paradis »
Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.
Art et Poésie : dernières publications
pays rêvé (Hommage à David Hockney)
Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)
Du bist die Zukunft, großes Morgenrot über den Ebenen der Ewigkeit. Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit, der Tau, die Morgenmette und die Maid, der fremde Mann, die Mutter und der Tod.
Du bist die sich verwandelnde Gestalt, die immer einsam aus dem Schicksal ragt, die unbejubelt bleibt und unbeklagt und unbeschrieben wie ein wilder Wald.
Du bist der Dinge tiefer Inbegriff, der seines Wesens letztes Wort verschweigt und sich den andern immer anders zeigt: dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.
Tu es l’avenir, la grande aurore sur les plaines de l’éternité. Tu es le cri du coq après la nuit du temps, la rosée, la prière du matin, la jeune fille. l’étranger, la mère et la mort.
Tu es la forme qui sans cesse change, qui, toujours solitaire, émerge du destin, qui demeure sans gloire ni regret et vierge comme une forêt sauvage.
Tu es l’essence même des choses qui tait le dernier mot de son être et qui se montre aux autres toujours autre : au navire comme une côte, à la terre comme un navire
(1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque. Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard
Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir
Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)
Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)
Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine
Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)
Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)
LEAR Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow! You cataracts and hurricanoes, spout Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks! You sulphurous and thought-executing fires, Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts, Singe my white head! And thou, all-shaking thunder, Smite flat the thick rotundity o’ the world! Crack nature’s moulds, all germens spill at once That make ingrateful man!
LEAR Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez, Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes ! Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée, Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne, Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle, Aplatis l’épaisse rotondité du monde, Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes Qui font l’homme ingrat !
Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats
William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)
Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)
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