Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
I believe that forgiving terrorist is God’s function. Our job is simply to arrange the meeting. Je crois que pardonner aux terroristes est… Lire


  • feux de mouillage

    les feux de mouillage des bateaux tanguent dans le noir 
    grasses lucioles ils disent à la terre 
    dormez braves gens tout est calme ici-bas 
    oubliez la haine et vos petitesses 
    ils disent au ciel 
    bonjour étoiles bonjour planètes et trous noirs 
    on est plus gros que vous 
    on éclaire mieux 
    et nous au moins on est utile aux hommes 
    mais les étoiles en ont vu d’autres 
    elles se moquent de ces nimbes prétentieux 
    elles ont pour elles la nuit des temps et le big bang 
    elles ont pris du recul sur la vie 
    et la faiblesse des sentiments 
    en intercalant des années-lumières 
    entre elles et les hommes 
    elles ont construit patiemment cette voûte visible
    et démesurée 
    cette toile d’araignée en pointillés 
    ce labyrinthe éreintant 
    la nuit étoilée d’un soir d’été au mouillage me happe l’âme 
    pour l’envoyer valdinguer 
    comme une bille en verre dans le flipper céleste 
    j’entends ce dialogue vibrant entre le ciel et la terre 
    entre l’eau et l’éther 
    je suis le lien vital signifiant 
    pour qui se rejoue à chaque fois ce drame féérique 
    qui sait 
    un jour un soir 
    la nuit du ciel et de la mer 
    ronde des rondes 
    voûte des voûtes 
    se penchera sur moi 
    mère ample et douce et de sa voix 
    grave et philharmonique 
    longuement tendrement pleine de sens 
    en choisissant ses mots et ses silences 
    enfin bienveillante et altruiste 
    elle me dira peut-être pourquoi j’existe

  • cri

    je voudrais crier
    aucun son ne sort
    comme dans le tableau
    mille fois repeint
    je voudrais pleurer
    mille larmes de mon corps
    mais où sont-elles
    la source est tarie
    je voudrais qu’une femme
    me prenne dans ses bras
    longtemps
    sans rien dire
    en me chantant une berceuse africaine
    je voudrais qu’une brise fraiche
    frissonne le long de mon corps
    de la tête aux pieds
    et qu’à travers moi arc tendu
    elle tombe du ciel
    et retourne à la terre
    je voudrais sourires et bienveillance
    je ne parle même pas d’amour
    ni d’amitié
    juste un regard calme
    posé l’un sur l’autre
    se contempler dans son entier
    sans tout savoir
    pour ne rien craindre
    je voudrais être
    la source des élans
    faire sentir la chaleur
    que je peux insufler
    prends ma main
    sens ma peau
    mon cœur
    je voudrais tout donner de moi
    tout partager
    prends moi
    ne me laisse pas
    sois nourrie
    de mon souffle
    je ne sais pas parler
    tu le vois bien
    pardonne moi
    j’espère le jour où
    tout sera clair
    évident
    le jour où
    j’arrêterai de crier


  • amour (et mer)

    la mer est musclée
    le vent impétueux
    le voilier ne lutte pas
    il se faufile entre deux ondes
    il ne peut vivre ni jouir sans elles
    il peut mourir à cause d’elles

    pour garder le cap final
    il faut corriger la barre à tout moment
    en anticipant les mouvements du bateau
    régler la voilure au plus fin
    un cran de trop et l’on ira moins vite
    parfois tirer des bords
    le chemin le plus direct n’est pas le plus rapide
    et surtout il existe uniquement sur la carte
    dans l’utopie
    rarement dans la vie

    regarder le ciel changeant
    ses nuages insolites
    tapoter le baromètre
    en déduire l’avenir météo
    qui seul décidera de la prochaine escale

    réparer sans cesse ce qui s’abîme et se casse
    remplacer à chaque fois
    par plus fort et plus durable

    la vie à bord est vigilance et bienveillance
    on compte l’un sur l’autre
    un marin seul est un homme mort
    il faut souffrir en silence en espérant le jour qui vient
    le soleil qui se lèvera seul
    dominant la mer
    et qui balaiera tous les doutes
    et les brumes du passé
    la mer et l’amour c’est pareil


  • Breton (André) : C'est aussi le bagne


    C’est aussi le bagne avec ses brèches blondes comme un livre sur les genoux d’une jeune fille
    Tantôt il est fermé et crève de peine future sur les remous d’une mer à pic
    Un long silence a suivi ces meurtres
    L’argent se dessèche sur les rochers
    (suite…)


  • Saint-Exupéry (Antoine de) : C'est une folie d'haïr toutes les roses

    C’est une folie d’haïr toutes les roses parce que une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’un ‘a échoué…C ‘est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d’être heureux juste parce que quelque chose n’est pas allée dans la bonne direction. Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ…
    Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince


Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025