Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 414 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Le temps de l’araignée

    📂 Sélection des archives Infotekart

    Il fut un temps où je voulais être araignée

    A chacun son temps. Celui de l’araignée qui tisse sa toile heure après heure ne doit pas être tout à fait le même que le nôtre. Laisser le temps au temps.Prendre son temps, c’est encore mieux. « Si tu veux faire ta place au soleil, fais du soleil » disait Giono. On pourrait le paraphraser: « Si tu veux gagner du temps, prends ton temps, crée-le! »  Désormais, mon temps sera à moi. Je serai l’araignée de ma vie. Faites gaffe, mouches et moustiques, passez votre chemin au large! Je tisserai patiemment les liens de ma renaissance, heure après heure, jour après jour, choisissant chaque fil, chaque mouvement, chaque lieu.

    Une fenêtre avec des rideaux, entourée de plantes grimpantes, et une toile d'araignée tissée dans un coin.

    première publication dans Infotekart : 22 juillet 2007


  • ligne noire d’horizon

    Abstract art featuring a dark background with a wavy gold line running through it, divided into three sections.
    Faz Fazou – Kintsugi Sea

    rejouant ma vie en spectateur indolent
    survolant la mêlée sur un nuage blanc
    je rejoindrai la ligne noire d’horizon
    et de mon ballon exposé aux vents contraires
    de la destinée et du hasard je verrai
    tous les gens que j’aime se déchirer sur terre

    du haut d’un ciel sombre
    pressé par le temps raccourci
    j’enverrai ma déclaration
    en quelques éclats de mots
    comme une pluie d’étoiles
    une tombée de pétales

    nous sommes des morceaux d’âme
    galets mal taillés
    roulés par le torrent
    des rencontres serpentines
    molécules entrechoquées de sentiments
    poussières de sable en syphon
    sans raison ni colonne vertébrale

    souffrant de l’insignifiance
    de notre incomplétude
    où le corps n’est rien
    et les mots peu de choses
    il nous reste une certitude
    c’est la veine de l’amour
    qui donne à nos ombres
    la chaleur qui nous répare
    et nous fortifie
    comme le sillon d’or
    d’une faïence kintsugi

    puis le tonnerre grondera
    et dans la blanche éternité
    le vent fugace dissoudra
    la nue des sons déchiquetés


  • J.-K. Huysmans : la petite danseuse de Degas

    Dans ses plus insouciants croquis, comme dans ses oeuvres achevées, la personnalité de M. Degas sourd ; ce dessin bref et nerveux, saisissant comme celui des Japonais, le vol d’un mouvement, la prise d’une attitude, n’appartient qu’à lui ;

    (suite…)

  • pilier du monde

    pureté des lignes romanes
    soulignées par la voûte gothique
    obscurité de l’église
    sublimée par la pierre granitée

    lieu de recueillement
    et de simplicité
    où chercher ses racines
    et le sens de la vie

    et tout à coup
    dans la quête profonde de l’intime
    une explosion de couleurs
    vraies primaires joyeuses
    projetées avec force
    par la lumière naturelle
    à travers ces vitraux sidérants
    d’un seul tenant
    aux formes simples elles aussi
    rappelant les lignes du pays
    et de l’île lacustre alentour

    richesse des sens et des émotions
    provoqués par ces couleurs
    et ces formes directes
    percutant l’âme sans filtre
    et pourtant créées parfois
    par d’habiles superpositions
    voulues par l’artiste
    et assemblées par le maître verrier

    l’art d’aujourd’hui
    dans la maison d’hier
    quelle vitalité
    quelle modernité
    rendues possibles
    par l’alliance historique
    de spiritualités authentiques

    ainsi dix siècles après
    renouant avec l’art
    l’église romane
    redevient ce qu’elle était

    un pilier du monde

    Texte de Luc Fayard inspiré par les vitraux de Geneviève Fourgnaud, à l’église de Viam . Réalisation : Didier Bourdeau, Ateliers Jaune d’Argent, technique du « fusing » (*)
    (*) fusing : fusion à haute température des pièces de verre, ce qui permet d’avoir des vitraux d’un seul tenant, sans lignes de plomb; des ajouts d’émaux et de poudres molles ou dures permettent les transformations des teintes vers le résultat souhaité.


  • Georg Tappert : Lady in a black hat and gloves (1910)

    Georg Tappert : Lady in a black hat and gloves (1910)

Dernières publications d’art et de poésie

  • John McKinstry – Coastal Cottages (2024)

  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

    Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

    Léon Spilliaert – La couture (1917)

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025