Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Les miroirs devraient bien réfléchir avant de renvoyer certaines images


  • ronde des si

    si le cercle est brisé
    vais-je retourner sur mes pas
    ou bien bâtir une passerelle

    si les bouts scindés se relient
    atteindrai-je mon départ
    ou bien les traces d’un nouvel envol

    si je franchis les traits de couleurs
    verrai-je le ciel s’éclaircir
    ou bien la terre sombrer

    si la foule se presse en chemin
    se tiendra-t-on vraiment la main
    ou bien marcherai-je isolé

    si trois notes franchissent la mer
    entendrai-je une symphonie
    ou bien le solo du désespoir

    si je respire longtemps
    sentirai-je une forme d’énergie
    ou bien l’impermanence

    dans l’infini du vide
    le cercle ne dit rien me dit tout
    je ne suis rien je suis tout

    August Macke – Colored Composition -Hommage to Johann-Sebastian Bach (1912)


    Texte de Luc Fayard, inspiré par
    Cercle – Ascèse VIII, 2007- Série: « Silencieuse Coïncidence« , de Fabienne Verdier, à qui j’ai demandé une autorisation de reproduction mais qui ne m’a pas répondu; en attendant , je l’illustre avec Disques de Newton, de Frantisek Kupka (que j’aime aussi beaucoup !).  Et puis finalement non! Kupka n’est mort qu’en 1957 si je puis dire (donc moins de 70 ans qui est la durée de prescription en France pour avoir le droit de reproduction). En finale, j’ai choisi Auguste Macke et son tableau de 1912. Ouf Mais si vous connaissez Fabienne Verdier, transmettez-lui ma supplique !

    Voir et entendre la version poésique (récitation musicale)


  • anniversaire

    Anne-Laure Baron Siou – Photo ratée (2024) – photo

    il souffla si fort ses bougies
    que le temps s’accéléra
    l’espace se déforma
    les couleurs se séparèrent
    en demi-cercle
    dans un crépitement joyeux
    de rires et d’exclamations
    on pouffa de tant de flou
    il se dit serein
    que c’était bon signe
    pour vivre le reste de sa vie
    moins normée


    Texte de Luc Fayard, inspiré d’une photo ratée d’Anne-Laure Baron Siou qui aurait bien voulu que je titre sa photo « essai abstrait »


  • sans frontière

    Marie Deloume – Palud – peinture sur zinc

    nulle ligne assurée 
    entre terre et eau
    entre bas et haut
    dans le palud
    pourtant
    à chacun sa substance
    sa texture sa couleur 
    qui se relaient 
    dans le passage invisible 
    du fluide au solide
    dans la prégnance humide 
    d’un paysage à part
    ici vibrent les sens 
    en large palette
    du musqué au salé
    du sec au mouillé
    du silence au bruissement
    du gris noir au gris blanc
    le nez devant le pied 
    l’odeur nous guide
    on la hume 
    perdu dans la nasse
    d »un monde sans barrières
    seule la pluie pourrait
    réunir les matières
    dans la même brume
    soyeuse et mystérieuse
    ainsi va la vie 
    brouillard tenace
    sans frontière 
    entre jour et nuit

    Texte de Luc Fayard, inspiré de Palud, de Marie Deloume – peinture sur zinc


  • la raison du poète

    je crée mes souvenirs
    comme un artiste 
    repeint sa toile
    l’avenir est un élixir 
    mêlant présent et passé

    je ne suis que chimie 
    de pensées programmées
    les mots mentent 
    ils existaient avant moi

    mon cœur s’emballe sans raison 
    vers tous les cardinaux
    j’ai perdu le goût de tout 
    je souris sans passion
    ne contemplant rien d’autre 
    que l’intérieur de moi

    et pourtant je respire j’existe
    mais pour quoi 
    quel peut être le destin 
    d’un grain de sable volant
    au moindre frisson
    du large marin
    les poussières ne peuvent
    se donner la main

    croyant vivre la même aventure
    les hommes s’agglutinent
    flottants dans les mêmes courants tièdes

    la réalité n’a pas de géométrie universelle
    la vérité est un leurre de l’histoire
    l’amour un rêve fatal à l’indépendance
    aveugle j’avance en automate 
    monté sur quel ressort

    ni justice ni compassion
    ni revanche ni haine
    peut-être simplement 
    le désir de beauté
    drapeau blanc surnageant du naufrage
    pic vert coiffant la soucoupe des nuages
    seul chemin vers une transcendance
    qui se passe de l’histoire et des signes
    sans besoin de raison folle
    un chemin sans étoiles
    qui est tout 
    sauf une ligne droite

    Caspar David Friedrich – Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818)


    Diplôme d’Honneur – prix Europoésie – Unicef 2023; parue dans L’Anthologie Europoésie 2023

    Texte de Luc Fayard, illustré par Le Voyageur contemplant une mer de nuages, de Caspar David Friedrich


  • cocon

    Georges Saluterre – Sculpture n° 5475- terre cuite

    grelottant dans le dortoir
    elles s’étaient endormies
    après frôlements
    et cachotteries
    serrées sous les couvertures
    emmitouflées
    elles s’étaient raconté
    pouffant et frissonnant
    des histoires gaies
    de vampires et d’ogres
    puis s’étaient tues
    rêvant à leur maman
    c’est dans ce cocon
    recroquevillées
    que le manteau du sommeil
    les avait recouvertes
    jusqu’à l’aube et sa lumière
    s’il avait gelé dans la nuit nue
    elles seraient statues


    Texte de Luc Fayard, inspiré de Sculpture n°545, de Georges Saulterre (1943-2024) – terre cuite 

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art, Volume 2 : Art moderne et contemporain' par Luc Fayard, comprenant des illustrations d'œuvres d'art.
    Couverture du livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain » – Textes de Luc Fayard – Éditions Amavero – 2024

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Vol. 2 :
    Art moderne et contemporain
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2024
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Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

    Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

    Jacques Bertin : Hymne (2018)

  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

  • Galerie du baroque

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  • Galerie de la Genèse

    Galerie de la Genèse

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025