Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
J’imagine que l’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent si obstinément à leur haine, c’est parce qu’ils sentent qu’une fois… Lire


  • miroir de la montagne

    ombre animée des sapins choyés par le vent
    pentes bienveillantes à la longue blancheur
    et ce silence or et bleu nappant les hauteurs
    hantées d’aigles et de gypaètes seulement

    là les couleurs et les mouvements se répondent
    et se mêlent pour créer de nouvelles vies
    de nouvelles formes et là de nouveaux cris
    la nature n’est pas un temple elle est une onde

    c’est le pays de l’âme aux deux penchants
    celui des crêtes aigües noires et hautaines
    qui défient les siècles et les vents
    et un peu plus bas celui des courbes molles
    qui sans cassure s’étendent langoureusement

    la montagne est un miroir dans le miroir
    vers le bas les lignes fusionnent et bourdonnent
    vers le haut elles s’écartent et se taisent
    la vallée absorbe tout dans son cirque

    sur la neige il ne reste que le crissement de ton pas
    rythmé par ton souffle étonné tendre
    quand tu vois les traces de l’oiseau cendre
    et que tu pleures ce qui se vit sans toi

    les faitages des chalets créent des lignes brisées
    qui se répètent comme un dessin d’enfant
    fragiles hirondelles sur un fil crispé
    vers l’adret les couleurs du bois s’avancent fièrement
    et jaillissent de la forêt tels des avant postes
    chacun niché sur son promontoire

    au village le clocher bariolé proclame sa joie
    les rues aussi ont une double nature
    elles lancent des flèches vers l’horizon butant sur un mont
    ou créent des entrelacs de mystères accolés

    la force de cette unité vient de la multiplicité des plans
    voici l’avant et l’après voici la nature et voici l’homme
    voici le combat et l’harmonie la rage et la prière
    ici on ne se perd pas on avance d’un pas ferme

    le visage est celui de la terre et des roches
    aussi tailladé aussi brun qu’elles
    le sourire ressemble à la musique des rivières
    l’éclat des yeux éclaire plus loin que toi

    ici les gestes anciens ne sont pas oubliés
    ni le passé des hommes acharnés
    ici le temps ne s’arrête pas il bat
    le tempo des pays éminents
    où la lenteur est un art de vivre
    où chaque pas compte comme une offrande
    et si le soupir vient
    un regard haut l’éteint

    ici le temps respire au rythme des couleurs
    et quand l’ancolie refleurit
    l’homme s’ébroue et revit
    la montagne est un miroir du bonheur


  • karakoum

    la vie est un désert de karakoum
    un vent qui secoue les arbrisseaux malingres
    le soleil coiffant tout comme un chapeau
    et la piste qui court et s’efface

    la vie est un désert de karakoum
    avec son cratère qui fait boum
    son canal large et droit survolé de buses infidèles
    et l’éternel pêcheur venu de nulle part

    la vie est un désert de karakoum
    jaune sale et vert pâle
    avec ses couleurs pas franches
    tout est long et lent insaisissable
    comme le sable

    la vie est un désert de karakoum
    sans ombre ni relief
    le temps s’endort et rêve
    rien ne finira jamais

    la vie est un désert de karakoum
    peuplé d’histoires cruelles
    et d’espoirs sacrifiés
    et l’homme avance
    malgré tout


  • chênes verts

    chênes verts dénoués de rustres restanques
    soleil filtré créant un relief fractionné
    terre ocre et âcre aux cailloux de rochers
    grattée çà et là par quelques sangliers tenaces
    les champignons se montrent insolents
    les truffes se cachent évidemment
    ici on les entend légers
    des oiseaux sont heureux
    ils sont chez eux
    l’air possède une densité spéciale
    cristalline comme un sourire irréfléchi
    ténébreuse comme la texture des sens inspirés
    il faudra que tout reste ainsi
    l’homme ne va rien changer à cette riante gravité
    juste y ajouter le souffle de son passé
    pour qu’il se marie à ce présent mature
    juste un instrument de plus accordé
    à la symphonie ambiguë de la nature


  • univers parallèle

    dans un univers parallèle
    la joie régnait en maitre
    les poissons zigzaguaient

    sur des vagues de folie
    fanforonnes les algues jouaient 
    de la trompette bouchée
    la même substance
    de légèreté douce
    régnait dans l’eau et l’air 
    riant de leurs bêtises
    les êtres vivants 
    déployaient leurs antennes
    en étendards de victoire
    c’était peut-être le paradis


  • allusions

    Paul Sérusier – Paysage au Bois d’Amour, dit aussi Le Talisman
    (1888)

    l’étape est franchie
    de la forme ne reste que
    couleurs réinventées
    et allusions
    chaque chose
    pourtant à sa place
    on devine on imagine
    on se laisse emporter
    par la musique douce
    des teintes accolées
    on voit la maison
    on voit les arbres
    on voit l’eau
    ensuite
    il faut fermer les yeux
    pour que le spectacle continue
    en chacun de nous

    Texte de Luc Fayard inspiré par ce tableau de Paul Sérusier vu au Musée d’Orsay

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

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  • George Bellows — California Headlands (1917)

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  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

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  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025