Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 412 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Gibran (Khalil) : La Voix de l’Éternelle Sagesse

    Quand nous aimons, notre amour n’est ni de nous ni pour nous. Quand nous nous réjouissons, la joie n’est pas en nous, elle participe de la vie même. Quand nous souffrons, la souffrance ne réside pas en nos blessures, elle est au coeur même de la nature…
    (suite…)


  • appel du vent

    quand le vent des arbres et des champs
    glissant par la fenêtre ouverte
    se frotte à toi sans préambule
    quand les mésanges piaillent
    sous la bourrasque ébouriffante
    quand le ciel te salue solennel
    dans un nuage de feuilles alanguies
    mourant en jouant
    alors fou d’amour et d’orgueil
    tu rêves d’union aux forces vivantes
    tu embrasses l’air bourru
    dans les hauteurs paresseuses
    tu voudrais que l’esprit
    expire un souffle vert
    tu serais cet oiseau décidé
    qui rit sans savoir où il va

    mais la caresse a fui
    virgule distraite
    la nature immobile se tait
    tout n’est plus que décor
    en soupirant tu fermes la fenêtre
    une fois de plus lourd indécis
    tu ne t’es pas envolé

    il aurait pourtant suffi d’une inflexion
    suivre le sillon d’une larme
    guetter l’effluve à paraître 
    sur la nervure cambrée d’un tourbillon vivant
    tendre les bras vers le ciel aspirant

    mais qui sait un jour peut-être
    tu ne resteras pas insensible à l’appel du vent


  • brise écaillles et ribambelles

    la brise frise la mer qui se meurt
    sur les rocs noirs habillés d’écailles
    les algues longues et vertes s’affalent
    couvrant des ribambelles de sable gris

    brins en tas grains mouillés qui s’étalent
    dessinant des taches brunes et ocres
    la pluie luit sur la vase rase
    vide au premier coup d’oeil
    si peuplée quand la mer l’abandonne

    ce pays d’eau de bas en haut
    baigne de lames désarmées
    mes larmes d’enfance dense
    le regret croit quand le souvenir gît
    l’avenir fuit devant la nostalgie


  • vieux amis

    immuables rochers battus par la mer des ans
    vaillants rocs ridés ils se taisent souvent
    indifférents au vent chahuteur
    l’œil bienveillant comme une invitation
    ils partagent l’implicite sans évocation

    chacun sa voie et toujours ce même plaisir
    se retrouver sans se chercher se quitter sans se perdre
    ils sont plus forts que l’amour plus indulgents
    ici on pardonne volontiers ou alors on oublie

    les vieux amis n’ont plus rien à se prouver
    mais ils peuvent encore s’étonner
    comme surprennent parfois
    a lumière sur un nuage
    une mélodie en la mineur
    la dentelle du brouillard nappant les champs
    le sourire volé d’une rencontre fugitive
    un cri de joie déchirant l’air

    un cœur serein est à l’affût
    tellement prêt à écouter
    que plus rien n’est à inventer
    des ajustements tout au plus
    quelques détours à empocher

    jamais de silences plus chauds
    battements du cœur plus profonds
    doux moments intimes plus longs
    à boire et chanter hisser haut

    on peut se battre à perdre haleine
    et tout oublier dans un rire
    quand vient le hoquet fuit la haine
    on se dit tout dans un sourire

    ne mourant pas comme l’amour
    les vieux amis seront un jour
    dans l’infini beauté des choses
    là où les anges font la pose

    quelque part dans l’azur bleuté
    flotte le jardin des amis
    c’est bien mieux que le paradis
    et surtout bien moins fréquenté


  • temps pluriels

    le temps qui passe
    s’est envolé
    il a volé
    derrière la glace
    nos lourds regrets

    le temps qui pleure
    souffre et remplit
    de nostalgie
    nos longues heures
    d’analgésie

    le temps peureux
    veut effacer
    le fil tressé
    du temple heureux
    de nos pensées

    le temps agite
    les troubles eaux
    où nos bateaux
    prennent la gîte
    un peu trop tôt

    le temps s’excuse
    d’avoir si vite
    tué nos mythes
    et il s’amuse
    de nos vieux rites

    le temps se fige
    le temps se givre
    le temps est ivre
    le temps corrige
    le temps qui vire

    le temps se lève
    de la révolte
    la virevolte
    et toi belle ève
    débranche les volts

    ô temps suspends-
    toi, non pends-toi
    flagelle-toi
    meurs sale temps
    et oublie-moi


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  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025