1 391 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • pommiers

    Nathalie Bodet – J’irai revoir ma Normandie

    ici l’herbe est grasse
    et le vert plus vert
    qu’ailleurs
    dans l’air se répand
    l’odeur sucrée
    de pommiers en fleurs
    le ciel se décline
    en nuances spéciales
    penchées vers la terre
    au bout de la plaine
    il y a toujours une haie
    qui t’invite à rêver
    et oublier ta peine

    Texte de Luc Fayard inspiré par J’irai revoir ma Normandie, de Nathalie Bodet


  • noires visions

    Faz Fazou – Ballade nocturne

    hirondelles sur trois fils oppressées
    notes de musique en croches serrées
    lignes d’écriture ancienne inconnue
    collier sans fin de cailloux sculptés nus
    mystérieux message cryptographié
    feuilles mortes tout en noir épinglées
    enfantins dessins de maisons bancales
    purs fantômes alignés gris et sales
    traits denses brisés en haut et en bas
    l’incessant ballet ne finira pas


    Texte de Luc Fayard inspiré de Ballade nocturne, de Faz Fazou.


  • Traverser et être traversé

    Pour dire ce que m’inspirent les œuvres de Chantal Fontvieille réunies sous le titre « À travers », j’emprunterai un détour : celui du mot traverser lui-même. Chantal connaît ma passion pour les mots. À vrai dire, plonger dans leur épaisseur sensible, me laisser traverser par eux, écouter ce qu’ils ont à m’apprendre, c’est bien plus pour moi qu’un détour, c’est ma voie d’approche vers le monde.

    Chantal Fontvieille – À travers 111 (verso) – Cible de tir à l’arc, rouille, encre de Chine
    (suite…)

  • chantier

    Sandrine Hartmann – Obstacle

    pas d’obstacle à la création
    tout est chantier
    mortier
    cœur idée
    l’âme expose ses visions
    blocs et lignes s’épaulent
    traits et couleurs s’enrichissent
    d’un même élan
    tout s’élève
    tout s’en va
    ailleurs
    et s’imprègne


    Texte de Luc Fayard inspiré du tableau Obstacle, de Sandrine Hartmann


  • l’eau de la nuit

    (de gauche à droite) Eugene Jansson : L’aube sur le Riddarfjärd – image Dall.e – John Everett Millais : Ophélie – Claude Monet : La vague verte

    une histoire de ouf
    je suis tombé de haut
    tout au fond de l’eau
    plouf
    splash
    chutant comme une masse 
    sans un cri
    et là tout en bas
    surprise
    une femme sans âge
    douce et nue
    m’attend 
    et me sourit

    moi aussi 
    je suis nu
    c’est embêtant 
    au fond de l’eau 
    on bouge au ralenti
    comme dans un film
    et surtout
    impossible de respirer
    elle touche ma main
    rassure-toi
    me dit-elle
    tu ne respires plus

    amicalement
    je la prends dans mes bras
    et lui dis en pleurant
    je n’ai jamais connu 
    quelqu’un comme toi
    de quoi nous parlâmes
    dans le flot des larmes

    je ne sais
    mais quel effet

    puis gentiment
    elle me pousse
    vers la sortie
    on t’attend à l’accueil 
    de la citadelle
    dit-elle
    c’est le temps 
    de l’exil

    me voici habillé
    d’une blouse d’hôpital
    la fesse à l’air
    errant solitaire
    dans les couloirs pas nets
    d’abord déserts et sombres
    puis peuplés de silhouettes
    floutées comme des ombres

    derrière un guichet
    j’entends une voix
    qui me dit 
    l’accueil c’est ici
    je me penche et plus bas
    dans une vaste baignoire
    une baignoire au fond de l’eau
    me dis-je quelle idée
    une autre femme 
    est allongée 
    nue et vieille
    qui me voyant
    se lève en gémissant

    lourde de fatigue aride
    des gouttes d’eau
    perlant de ses rides
    comme la vie
    qui fuit

    en-dessous d’elle
    au fond de la baignoire
    qui se vide
    comment est-ce possible
    l’eau qui s’en va
    dans l’eau
    deux vieux 
    squelettiques et nus
    la peau foncée
    sur qui manifestement
    elle reposait
    sortent et marmottent
    et gigotent
    encore un peu

    raide comme un piquet
    spectrale
    couverte de blancs cheveux 
    elle me fixe
    tranquillement
    froidement
    de ses yeux aveugles
    et terrifié
    je comprends alors
    que je suis
    à jamais

    dans l’eau de la nuit


    Texte de Luc Fayard illustré par un montage de quatre œuvres: (de gauche à droite, de haut en bas) Eugene Jansson : L’aube sur le Riddarfjärd ; image Dall.e (avec des gens habillés parce que Dall.e n’a pas le droit de dessiner des gens nus); John Everett Millais : Ophélie ; Claude Monet : La vague verte.


Dernières publications d’art et de poésie

  • La couleur grise

    La couleur grise

  • Dernière séance

    Dernière séance

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025