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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • La Servante en Personne

    Kogles – La Servante en personne

    Toujours avec beaucoup d’humilité
    Elle se rendait utile
    Elle avait cette qualité
    Cette façon subtile
    D’être une ombre discrète
    Mais fort indispensable.
    Elle, qui était invisible
    Mais si sentimentale
    Rêvait de ce futur possible
    De cet amour intarissable



    Texte de Corine Cusin Panit , inspiré par le tableau La Servante en Personne de Kogles


  • toucher le bout de l’arc-en-ciel

    – je veux toucher le bout de l’arc en ciel
    s’il le faut je prendrais un bateau
    mais j’ai peur de me perdre en mer
    et d’errer comme un vaisseau fantôme

    – contemple d’abord ses couleurs
    fais les chauffer dans ton cœur
    imagine les pays survolés
    les gens éblouis la tête en haut

    – je veux partir je ne peux rester la
    l’arc a tracé mon chemin
    il me dit viens envole toi
    emporte tes rêves qui vont surgir

    – l’arc lui-même est un rêve
    visible de partout dominant tout
    mais il n’est qu’un piège de lumière
    tu pourrais le traverser sans le voir

    – je veux danser sur les étoiles
    rire avec le vent du chemin
    gonfler mes poumons de l’air marin
    sentir mon cœur au rythme de mes pas

    et l’enfant monta sur l’arc en ciel
    et disparut avec lui

    Therese Schwartze – Mother and Child (1884)


    Texte du recueil inédit toucher le bout de l’arc-en ciel, dont un texte a reçu le Diplôme d’honneur – Prix Europoésie-Unicef 2023; illustré par Mother and child, de Thérèse Schwartze.


  • deux formes

    Edgar Degas – La Femme à la potiche (1872)

    femme et vase
    se répondent
    deux formes
    le sombre et le clair
    mais les bras
    et les feuilles
    se disputent
    la potiche nous dit
    ce n’est pas moi
    qu’il faut regarder
    c’est elle
    et que nous disent
    d’autre impératifs
    les doigts crispés
    de la femme
    sur le fauteuil
    ils disent
    regardez-moi donc

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • découverte

    Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)

    ils sont tellement hauts
    ces coquelicots
    qu’ils vont avaler l’enfant
    au loin la maison de famille
    chaperonne la promenade
    les odeurs chatouillent
    les narines émues
    les souvenirs d’enfance
    font remonter à la surface
    les lentes déambulations
    dans les champs
    sans horloge
    où rien n‘était plus important
    que la suite du chemin
    cachée par le virage
    et sur sa peau
    les goûts épicés
    de la campagne

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • je veux tout oublier

    je veux tout oublier
    des anciens jours sépia
    célestes ou grossiers
    que rien ne recopia

    ni les pleurs ni les chants
    de la lumière bleue
    ni l’accord dissonant
    du matin malheureux

    je veux tout oublier
    la magie floue du monde
    le tournis mésallié
    dansant sa folle ronde

    oublier la cité
    du concert fracassant
    l’impétuosité
    du cynique impatient

    je veux tout oublier
    les mots si malhabiles
    sur les plaies repliées
    des rendez-vous fragiles

    la mémoire infiltrée
    au détour du chemin
    par de nouveaux portraits
    regardant vers demain

    je veux tout oublier
    pour qu’enfin recommence
    l’émotion relayée
    par le spleen sans souffrance

    que souffle l’infini
    des contrées inconnues
    cajolant dans son nid
    mon âme mise à nu

    Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur bois
    Henri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)
    Simon – Regard à travers la fenêtre


    Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023
    Texte illustré par l’illustration
    Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet.
    Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes!
    Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :

    FEMME A LA FENÊTRE


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  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025