Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Toujours avec beaucoup d’humilité Elle se rendait utile Elle avait cette qualité Cette façon subtile D’être une ombre discrète Mais fort indispensable. Elle, qui était invisible Mais si sentimentale Rêvait de ce futur possible De cet amour intarissable
– je veux toucher le bout de l’arc en ciel s’il le faut je prendrais un bateau mais j’ai peur de me perdre en mer et d’errer comme un vaisseau fantôme
– contemple d’abord ses couleurs fais les chauffer dans ton cœur imagine les pays survolés les gens éblouis la tête en haut
– je veux partir je ne peux rester la l’arc a tracé mon chemin il me dit viens envole toi emporte tes rêves qui vont surgir
– l’arc lui-même est un rêve visible de partout dominant tout mais il n’est qu’un piège de lumière tu pourrais le traverser sans le voir
– je veux danser sur les étoiles rire avec le vent du chemin gonfler mes poumons de l’air marin sentir mon cœur au rythme de mes pas
et l’enfant monta sur l’arc en ciel et disparut avec lui
Therese Schwartze – Mother and Child (1884)
Texte du recueil inédit toucher le bout de l’arc-en ciel, dont un texte a reçu le Diplôme d’honneur – Prix Europoésie-Unicef 2023; illustré par Mother and child, de Thérèse Schwartze.
femme et vase se répondent deux formes le sombre et le clair mais les bras et les feuilles se disputent la potiche nous dit ce n’est pas moi qu’il faut regarder c’est elle et que nous disent d’autre impératifs les doigts crispés de la femme sur le fauteuil ils disent regardez-moi donc
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)
ils sont tellement hauts ces coquelicots qu’ils vont avaler l’enfant au loin la maison de famille chaperonne la promenade les odeurs chatouillent les narines émues les souvenirs d’enfance font remonter à la surface les lentes déambulations dans les champs sans horloge où rien n‘était plus important que la suite du chemin cachée par le virage et sur sa peau les goûts épicés de la campagne
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
je veux tout oublier des anciens jours sépia célestes ou grossiers que rien ne recopia
ni les pleurs ni les chants de la lumière bleue ni l’accord dissonant du matin malheureux
je veux tout oublier la magie floue du monde le tournis mésallié dansant sa folle ronde
oublier la cité du concert fracassant l’impétuosité du cynique impatient
je veux tout oublier les mots si malhabiles sur les plaies repliées des rendez-vous fragiles
la mémoire infiltrée au détour du chemin par de nouveaux portraits regardant vers demain
je veux tout oublier pour qu’enfin recommence l’émotion relayée par le spleen sans souffrance
que souffle l’infini des contrées inconnues cajolant dans son nid mon âme mise à nu
Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur boisHenri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)Simon – Regard à travers la fenêtre
Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023 Texte illustré par l’illustration Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet. Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes! Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :
cette plume appartenait à un geai des chênes qui l’a déposée une nuit devant chez moi pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut j’ai failli ne pas la voir depuis que je l’ai prise entre mes mains elle est entrée dans mon âme et ma vie a changé ma vision de la beauté mon symbolisme mon attention aux détails j’ai découvert le minusculement magnifique porteur d’envol et de légèreté de tournoiement aussi
mais il a fallu qu’un petit animal perde un attribut pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume n’est qu’une mue pas l’issue d’un combat un don pas une perte merci à l’oiseau qui m’a offert ce cadeau je lui promets qu’il portera ses fruits désormais mes mots seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z. Voir la version illustrée.
barré par l’envol des oiseaux blancs le trait de lumière décoiffe l’horizon la mer désertée ne vibre plus du vent qui tourmentait le destin des passants
il est temps de partir ailleurs où la peine serait douce à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés respirant le souffle des frondaisons l’âme pleine de tableaux de rêves et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie refroidira mon ardeur et le seul bruit de la nuit mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée et parvenu au seuil de la maison j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée
partir
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