1 382 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Rimbaud (Arthur) : Si j'ai du goût

    Si j’ai du goût, ce n’est guère
    Que pour la terre et les pierres.
    Je déjeune toujours d’air,
    De roc, de charbon, de fer.
    Arthur Rimbaud. Une saison en enfer. Alchimie du verbe. Faim


  • parvis (passage inutile)

    les cloches sonnent solennelles 
    pendant que les enfants courent 
    sur le parvis gris de la cathédrale 
    elles aimeraient bien retenir 
    la horde de gamins insolents
    mais ils fuient la place en riant 
    sur le parvis gris 
    tout en haut des marches blanches 
    il ne reste qu’une interrogation 
    le souvenir sautillant de leurs cris 
    tandis que le gong gras et lourd 
    dissout inexorablement 
    le cristal fini de leur rire

  • larme et scintillement

    une larme scintille
    sur ta joue
    un peu de toi
    s’échappe
    tes yeux fermés
    sur nous
    me happent
    tes yeux de faon
    me lappent

    tes cheveux de lune
    m’enivrent
    cette façon
    de ne rien dire
    me hante
    ma main libère
    l’eau fraîche
    de ton rire
    je viens au creux
    de ta douceur
    je meurs un peu
    dans tes bras


  • indienne

    à la façon dont elle vient vers toi 
    tu ne respires plus 
    les yeux verts et la voix chantante 
    elle danse en marchant 
    sombre pure et directe 
    elle sourit de tout son corps 
    et quand elle te regarde franchement 
    tu ne peux pas mentir 
    un enfant accourt 
    elle l’enserre dans ses bras 
    il s’y pelotonne les yeux fermés 
    et ronronne de plaisir 
    sa main le couve royale 
    tout est couleur sur elle 
    tout est douceur en elle 
    elle est le chant des oiseaux 
    le bruissement des palmes 
    le miel de la papaye 
    elle est la lenteur du temps 
    le balancement de la mer
    un dernier sourire 
    la tête penchée 
    elle part en glissant dans un rêve 
    et toi longtemps après que l’ombre vaporeuse 
    d’une femme voilée douce calme et joyeuse 
    se soit évanouie de la chaleur humide 
    tu garderas en toi cette entrevue numide 
    vertige surpris de paix lumière et de vie 
    miracle précieux d’une apparition bénie

  • Zweig (Stefan) : Avant de quitter la vie…

    Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.


Dernières publications d’art et de poésie

  • La couleur grise

    La couleur grise

  • Dernière séance

    Dernière séance

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025