1 382 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • devant toi familière

    devant toi
    familière
    la grande ourse
    immense
    t’attire
    invinciblement
    dans ton dos
    la voie lactée
    tombe
    en léchant la mer
    face à toi
    le lever de vénus
    l’incroyable éclat
    de jupiter
    star du ciel
    pressée
    une étoile filante
    vient te saluer
    et quand tu regardes
    vers le haut du mât
    le feu de ton voilier
    ajoute une étoile au ciel
    les lumières blanches
    du plancton et des méduses
    défilent
    sous le bateau
    dans un ruban sautillant
    tu ne sais
    si tu les déranges
    ou les attires
    et puis
    ce bruit mouvant
    du sillage
    sur la coque
    à la fois caresse force
    et destin
    l’écran glauque du radar
    et ses taches vertes
    pour te rappeler
    que tu n’es jamais seul
    l’horizon percé
    de points lumineux
    à décoder
    la mer noire
    qui te cerne
    te porte et te surveille
    et ton regard
    qui ne sait où se poser
    vers l’eau
    ou vers le bateau
    vers l’extérieur
    où vers l’intérieur de toi


  • morts sombres

    dans le désert où tout est répété 
    enfouis par des années de terre rocailleuse 
    confinant en sépulcre leurs âmes rêveuses

    je contacte les morts sombres sous mes pieds

    je les devine qui souffrent gémissent
    au souvenir des chevaux mors aux dents
    et des troupeaux de yaks aux mille sangs
    moutons et chèvres mêlés aux comices

    le temps s’est arrêté je sens
    le temps serpent temps araignée
    grand moqueur de l’air et des gens
    maître de l’univers du vent

    et pourtant sous le ciel de pluie
    la roue a tourné malgré lui
    des 4×4 se sont introduits
    violant le passé du décor
    insouciants du tumulte en terre
    où se découragent les morts
    égarés surpris délétères
    cassés par le cri des moteurs 
    le crépitement des radios
    le grésillement des antennes
    tous les dieux anciens sont outrés

    et quand nous partirons tristes bohèmes
    enchainés au présent des charlatans
    laissant seuls les nomades survivants
    les morts ne seront jamais plus les mêmes


  • moine bouddha

    moi le moine je suis bouddha
    à côté du bouddha
    j’ai son sourire
    le même sens de la vacuité
    de l’être et des objets
    une perception réservée aux initiés
    alors quel est le plus bouddha des deux

    jour après jour le vide se fait en moi
    je m’approche de la vraie nature du monde
    mon ego perd sa forme
    j’ai déjà renoncé à tout 
    je respire l’impermanence des choses
    tout viendra à moi
    même vos regards votre brouhaha
    je les accepte 
    ils s’intègrent à l’harmonie naturelle
    ne cherchez pas 
    il n’y a rien à trouver
    laissez simplement la paix venir en vous
    et vous sourirez
    comme moi

  • lumière et vie

    elle me dit
    que la lumière soit
    mais la lumière fuit
    elle insiste elle me dit
    je suis la lumière
    alors pour lui plaire
    j’imite Giono
    si tu veux ta place au soleil
    ne cherches pas à faire de la place
    fais du soleil

    subjugué par le sortilège
    je saisis mon crayon sacrilège
    j’écris longtemps fiévreusement
    de tout mon être frémissant
    je veux du soleil et de l’ombre
    sur les murmures des enfants
    je veux des rayons de folie
    sur les silences des murs blancs
    transperçant le fil de la vie
    j’entends la vibration du monde
    née de chaque instant altérable
    distillé par l’infinie ronde
    des joies et peines insatiables
    le soir ensemble tapis
    on écouterait 
    la douce nuit tomber
    sur nos têtes alanguies
    on pleurerait un peu
    sur le passé sinueux
    sur les destinées mystérieuses
    l’élégant ciel de Provence 
    rose et bleu
    serait strié
    de ses trainées vaporeuses
    la cigale infatigable 
    continuerait de pousser
    son cri rogue et nu
    d’un air peu aimable
    sans souci du noir venu

    et le matin 
    la lumière clamerait 
    je suis là
    à nouveau
    plus forte qu’hier
    plus déterminée

    ici même l’ombre te donne la force de vivre
    à la frontière de couleurs infinies
    tu discernes tout 
    les peines et les envies
    les chagrins et les désirs
    tu vois la vie qui s’agrandit de courbes floues
    tu vois les mains qui se tendent et se nouent
    tu vois les yeux des autres qui te disent vas-y
    pleure aime joue ris
    tu vois l’amour qui enveloppe tout
    dans ses bras ivres et doux
    ton cœur apaisera ses cris

    le violent torrent de ton âme
    grâce à ces yeux affectueux
    suivra un cours moins frénétique
    goûtant même l’égarement
    le temps devenu flegmatique
    vibrant au rythme du présent

    alors
    plein de gaieté reconnaissante
    ce jour serein de l’accalmie
    à ta jeunesse impatiente
    je dirai simplement merci
    d’avoir su me parler 
    juste quand il le fallait
    de lumière et de vie

    à L.


  • libellule

    tu as la grâce libellule
    un sourire énigme de muse
    le cœur gros comme un gros diamant
    cœur d’or cœur d’amour cœur vibrant

    marchant sur la pointe des pieds
    de peur d’abimer le sentier
    de la vie riche que tu sculptes
    tu embrasses la terre entière
    les arbres les fleurs et la mer

    d’un air tranquille sans tumulte
    tu croques tes rêves d’enfant
    qui s’envolent en riant

    tu es si farouche et secrète
    qu’on n’ose t »effleurer
    mais du haut de ton port de tête
    victorieux altier
    tu abrites un monde bleu
    qui rend les gens heureux

Dernières publications d’art et de poésie

  • La couleur grise

    La couleur grise

  • Dernière séance

    Dernière séance

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025