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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Mallarmé (Stéphane) : Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui

    Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
    Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
    Ce lac dur oublié que hante sous le givre
    Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

    (suite…)

  • vivre

    penser qu’on peut exister
    comme un diaporama où la pensée nage
    sur l’océan bleu des mirages
    créés d’instants juxtaposés
    dans une vie multi strates
    croire à l’obligation d’un sens
    créé par le flux des convergences
    quand ne vivent que dérives disparates
    on voudrait s’imaginer
    habitant d’un monde récent
    on n’est que nervure de présent
    dégoulinant de passé
    dans la vie informe
    rien ne se crée
    rien de secret
    ni les espoirs ni les candeurs
    ni les sourires ni les malheurs
    ni les passions ni les regrets
    tout se transforme
    même l’amour n’est plus ce qu’il était
    alors dites-moi
    qui suis-je
    sinon l’écriture d’un point d’interrogation
    orthodoxe de la fluidité
    paradoxe de la futilité
    plus on s’interroge moins on sait
    et plus on se persuade qu’on existe
    sans savoir où on va
    ni pourquoi on est là
    qui peut me donner l’ambition
    d’être au-delà de moi
    comment vivre ma vie d’émoi
    dans cette impermanence
    plus je passe et m’use
    plus les questions fusent
    quel est le sens de ma vie passée
    qui peut me convaincre
    que je ne suis pas rien
    que je suis vraiment
    autre chose que
    la goutte d’écume chassée par le vent
    l’écorce de terre pendue aux filandres
    le zigzag de lumière dans les méandres
    le jour et la nuit fondant lentement
    autre chose que
    les notes de musique s’élançant en spirale
    les non-dits auteurs de tensions inutiles
    le théâtre obscur du verbiage futile
    le brouhaha grossier d’un monde qui râle
    autre chose que
    ce cri noué dans l’âme
    cette pensée en va et vient
    cette répétition muselée
    comme un bourdon qui plane
    heureusement
    il me reste un territoire inviolé
    mes rêves mes nuits
    tintamarre d’absurdités
    mélange d’âges et de lieux
    voilà peut-être la seule réalité
    ce capharnaüm étoilé
    vivre c’est rêver
    mais je ne suis pas fou
    on peut tout omettre
    quand il reste la vie donnée
    la seule vérité
    qui peut rendre heureux
    le seul concert audible
    ces yeux qui me regardent
    comme si j’existais pour eux
    ils me sourient ils me gardent
    à tous ces futurs je dirai
    merci de me tenir en haleine
    je ne sais pas où je vais mais
    avec vous le voyage vaut la peine


  • vie croquée

    tu es la vie
    croquée d’un large sourire
    lumineuse élancée 

    tu bondis
    lune et soleil 
    le même rire
    tout est mouvement chez toi
    flèche volant au but tout droit
    mais qui flânerait en route
    à ses moments de doute
    secrète comme un pays de cocagne
    où tu pourrais rêver
    si l’envie t’en prenait

    avec toi tout est possible
    ils le savent bien
    tu leur as donné la main
    les voilà qui s’accolent
    en farandole
    tu es la vie 
    avec sa force ses secrets ses espoirs
    tu as les plus grands yeux du monde
    ceux qui t’aiment y plongent en délices
    dans un bain de jouvence
    peuplé de connivence
    tu es la vie
    tu n’es pas un ange 
    je le sais bien
    je t’ai vue naître 
    je m’en souviens
    mais à te voir secouer tes cheveux
    et poser sur le monde subjugué
    l’immense voile de ton cœur heureux
    on devine les ailes qui t’emportent
    loin très loin 
    plus loin que toutes les portes
    à Z.

  • unisson

    le bleu court
    le marron noircit
    le vert frissonne
    le gris s’assombrit
    la nature est un spectacle 
    de couleurs qui fuient

    le vent dans les feuilles
    le soleil sur la peau
    le brouhaha de la vallée
    la valse des odeurs
    la vie est un habitacle 
    de forces invisibles 
    le cœur s’emballe 
    le corps refroidit 
    l’âme s’attriste 
    l’esprit s’enflamme 
    l’homme est un réceptacle 
    à l’unisson du monde

  • le coeur est une porte qui bat

    le cœur est une porte qui bat
    claquant comme un fouet
    tout y passe sans filtre
    la tristesse et les tempêtes
    la souffrance et les sourires
    les peaux qu’on voudrait caresser
    les visages qui fuient

    parfois à côté d’elle
    une fenêtre s’ouvre
    sur des nuages contrariés
    l’ombre pieuvre étend son manteau long
    sur les cris et les questions

    il faudrait parler parler
    mais les mots aussi mentent
    et pas seulement l’âme
    il faudrait se taire 
    se regarder en silence
    sourire quoiqu’il arrive
    il faudrait s’envoler
    imaginer se voir de là-haut
    pixel parmi les pixels
    puis zoomer jusqu’à la peau
    plus profond encore
    entendre et voir à l’intérieur 
    le cœur cognant à toute heure
    pulsion incompressible 
    moteur irrésistible
    pour qui pourquoi tape-t-il si fort

    peut-être pour nous faire saisir
    deux lois fatales de la vie
    il faut se nourrir de ses malheurs secrets
    il est impossible de vivre sans regrets
    alors guidé par ces parapets gris
    bordeurs de chemins incertains
    lorsque se fermeront les rives de la nuit
    épuisés mais sereins
    nous verrons dans la folle ronde
    la porte restée entrouverte
    une dernière fois offerte
    au passage entre deux mondes


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  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025