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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Suzuki (Daisetz Teitaro) : La légende d'Ou Tao-tseu

    Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) l’un des plus grands peintres de Chine,  vivait sous le règne de l’Empereur Siuan-tsoung, de la dynastie Tang. D’après la légende, sa dernière peinture fut un paysage commandé par l’Empereur pour orner  un des murs du palais. L’artiste dissimula son œuvre sous un rideau jusqu’à l’arrivée de l’Empereur ; tirant alors le rideau, il découvrit sa vaste peinture. L’Empereur contempla avec admiration une scène merveilleuse : forêts, hautes montagnes, nuages flottant dans le ciel immense, hommes sur les collines, vols d’oiseaux dans les airs. « Voyez, dit le peintre, au pied de cette montagne, réside un esprit. » Il battit des mains et la porte qui fermait l’entrée de la caverne s’ouvrit. set la porte qui fermait l’entrée de la caverne s’ouvrit. « L’intérieur en est magnifique au-delà de tout ce que les mots peuvent exprimer, poursuivit-il. Permettez-moi de vous montrer le chemin. » Ce disant, il entra dans la caverne ; la porte se referma sur lui et,  avant que l’Empereur étonné eût pu parler ou faire un geste, tout s’était évanoui sur le mur redevenu blanc où ne subsistait plus aucune trace du pinceau de l’artiste. On ne revit jamais plus Ou Tao-tseu.
    L‘artiste avait disparu, et tout le paysage avait été effacé ; mais de cet anéantissement surgit un nouveau monde spirituel, dans lequel résident les maîtres du  Zen, où ils accomplissent toutes sortes de bouffonneries, affirment toutes sortes d’absurdités, en restant cependant en parfait accord avec la vraie nature des choses, où se révèle un monde dépouillé de toutes ses faussetés, conventions et simulations et de tous artifices intellectuels. Tant qu’on n’aura pas pénétré dans ce monde de réalités, la vérité du zen restera çà jamais un livre scellé.

    Dairetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen

  • Proust (Marcel): Lasse, résignéee… (extrait d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs)

    Lasse, résignée, occupée pour plusieurs heures encore à sa tâche immémoriale, la grise journée filait sa passementerie de nacre et je m’attristais de penser que j’allais rester seul en tête à tête avec elle qui ne me connaissait pas plus qu’une ouvrière qui, installée près de la fenêtre pour voir plus clair en faisant sa besogne, ne s’occupe nullement de la personne présente dans la chambre.
    Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs


  • Brassens (Georges): La ronde des jurons

    Voici la ronde des jurons
    Qui chantaient clair, qui dansaient rond
    Quand les Gaulois
    De bon aloi
    Du franc-parler suivaient la loi

    (suite…)

  • l'ombre est riche

    l’ombre est riche en sous-entendus
    du néant naitra l’aquarelle
    créant enfin des parallèles
    de joies et pleurs inattendus
    le temps échappant aux saisons
    jouira goulument d’un présent
    créateur d’instants apaisants
    ton bonheur sera sans blason
    dans une impulsion circulaire
    des courbes infiniment rondes
    ouvriront l’espace du monde
    à ton cœur jadis en colère
    la danse des plaisirs humains
    jouera sa fière farandole
    balancée comme une gondole
    par l’ivresse des lendemains
    ayant relu toutes les bibles
    tes amours ne seront plus feintes
    et dans les couleurs demi-teintes
    tu verras enfin l’invisible


  • tisseur de liens

    tisseur de liens
    en ribambelle
    le temps n’efface rien
    créateur de privilèges
    il fabrique en secret
    les connivences
    les plaisirs partagés des sens
    avoir reçu ensemble la beauté d’un paysage
    goûté la même symphonie
    cherché la ligne d’horizon sur la mer nue
    accueilli l’inattendu
    avec la même bienveillance
    le temps cache un trésor synchrone
    de vibrations accordées
    sur la basse continue des gestes infimes
    au bord du précipice
    en plein cœur de cyclone
    face aux murs érigés par l’indifférence
    ou la séparation
    la toile tissée par le temps
    s’étend sur nous
    et nous accueille
    au creux de ses millions de nœuds intimes
    même si parfois certains se déchirent
    la toile grandit chaque jour
    plus forte de nouveaux liens
    le temps n’efface rien
    les cicatrices seront toujours là
    mais les fêlures fixent le souvenir
    et l’attention
    au monde à l’amour
    aux univers en expansion
    les milliards de secondes communes
    resteront les étoiles de notre vie


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  • lexique

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  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025