1 382 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • rouge sang

    Maurice Denis – Taches de soleil sur la terrasse (1894)

    tout le monde aurait aimé
    savoir peindre
    des flaques de soleil
    comme celles-là
    un vrai rouge sang
    violent
    gluant
    qui tache
    qui fait mal
    et chaud au coeur
    le vert est vert
    la vie est contraste
    la vie explose
    comme une tache
    de sang

    Texte de Luc Fayard inspiré par Taches de soleil, de Maurice Denis

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
    COMMANDER LE LIVRE


  • rêve d’amour

    Émile Bernard – Madeleine au Bois d’Amour (1894)

    symbole total du rêve
    zeste de langueur
    pose alanguie
    sanglée dans sa robe
    Madeleine songe
    et le temps
    les arbres
    l’eau se figent
    pour l’escorter
    dans son rêve
    au Bois d’Amour
    si bien nommé
    sera-t-il exaucé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Madeleine au Bois d’Amour, d’Émile Bernard
    Duo poème-œuvre paru dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les Impressionnistes. », Éditions Amavero, 2023
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


  • l'homme nu

    les lumières jaillirent de la nuit
    crépitant comme un feu d’artifice
    lanceur de fausses étoiles
    vers le dôme du monde

    je vis la folie des hommes
    le passé reconstruit le présent occulté
    le futur antérieur éparpillé
    l’espace infini courbé par le temps

    puis un long chant d’amour
    rivière tortueuse et lente
    coula en déchirure aiguë
    cicatrisant les champs de vie

    à genoux l’humanité priait
    ses totems qui lui psalmodiaient
    peuple né de la pénitence
    tu vivras dans la souffrance

    une longue plainte naquit
    mère de tous les cris
    fil d’ariane reliant les cœurs
    tiraillés entre désirs et pleurs

    indifférent aux maux
    je marchai jusqu’à l’aube
    et le jour advenu
    j’étais un homme nu

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « l’homme nu »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte


  • malgré tout

    automne est là malgré tout
    malgré la folie des hommes
    la fin des embrassades
    et des câlins furtifs
    malgré le regard méfiant planétaire
    l’automne est venu sans se presser
    les feuilles du chêne roux me narguent
    le liquidambar a fini par rougir
    l’acacia a pris sa forme squelettique
    ce n’est pas encore de l’espoir
    c’est une lueur dans la lourde brume
    des esprits martelés par l’angoisse
    le temps me dit qu’il est plus fort que moi
    bah je le savais déjà
    mais je l’avais peut-être oublié
    déboussolé et perdu
    dans la contagion prégnante des corps
    et des cœurs
    dans l’éternité apparente de la maladie
    j’ai peur de mourir dans d’atroces souffrances
    et de laisser en plan tous ceux que j’aime
    alors je regarde le chêne mur
    et je souris presque
    malgré la pesanteur des jours morts
    malgré l’incohérence de la parole inutile
    et doucement en respirant je me dis
    que je reverdirai comme lui

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « malgré tout »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image de Dall.e créée pour ce texte


  • mille sources

    Illustration abstracte représentant un paysage lumineux aux teintes bleues et noires, incorporant des éléments végétaux et textuels, évoquant un poème sur la nature.

    c’était un juillet bleu
    comme on en connaît peu
    au plateau des milles sources
    pays trompeur en apparence charmeur
    mais qui cache des tourbières fourbes
    dans ses bouquets d’herbes et de fougères
    malheur au marcheur méditatif qui s’y perd
    il rencontrera plus d’un large et sombre fossé
    impénétrable entre lui et son but de promenade
    pays de rêve pourtant où tout est bucolique
    le filet décidé d’un serpentin de ruisseau
    le zigzag ivre des petits papillons blancs
    la lumière tachée des hêtres frissonnants
    les vagues frondeuses du vent circulaire
    bruissant dans les frondaisons animées
    le violet brutal des bruyères d’été
    ses forêts de sapins en flèches
    on se croirait à la montagne
    alors qu’on n’y est pas
    même un beau village
    se dénomme ainsi
    faux-la-montagne
    et pourtant ici
    tout est vrai


    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par Dall.e pour ce texte


Dernières publications d’art et de poésie

  • La couleur grise

    La couleur grise

  • Dernière séance

    Dernière séance

  • Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

    Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)

  • Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

    Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)

  • Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

    Anton Räderscheidt : Nature morte à la tulipe (1926)

  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025