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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Le Jeu de l’Arbre

    Lucas Ribeyron – Voyage urbain

    Un arbre planté dans un square
    Ombrage les boulistes du soir.
    Se prenant parfois un coup de métal,
    Il tient bon lorsque ricochent
    Sur ses écorces solides
    Des boulets reflétant
    Ses racines sur la terre noire.

    Et dans ce square vivant
    Des bancs attendent des conquêtes,
    Cœurs mûrs, seuls ou entourés,
    Regardant les joueurs
    Faire vibrer le sol
    Jusqu’à la pointe des cimes.


    Texte de Paul Artaut inspiré de l’œuvre Voyage urbain, de Lucas Ribeyron


  • Le vénérable des chênes

    Le vénérable des chênes, la plainte du vent dans la chevelure des cyprès, la pluie qui incante sur le toit vieilli d’une grange : tout, je veux tout garder de cet automne que je vis à cloche-pied et en bottes en caoutchouc et qui me mène gaiement à mes cinquante ans, ce printemps de la sagesse au goût d’enfance et de madeleine de Proust.
    Dans ce terrain de vie sublime et cruel qu’est le monde, je déclare avec force qu’il nous faut faire feu de toute joie.
    Oui ! Vivre jusqu’à l’ivresse, tirer le vin du plaisir jusqu’à plus soif, refuser la pesanteur du présent qui fige et sclérose dans un désenchantement mortifère et aimer chaque jour ses inspirations miraculeuses et ses expirations délivrantes.
    L’âme saura-t-elle retrouver l’émerveillement des premières fois ?
    Aimer est simple.
    Il suffit de jeter sa tendresse infinie vers chaque acteur du vivant, de l’arbre à l’oiseau et de l’oiseau à l’homme.
    L’homme dans toute sa pluralité.
    C’est d’abord rencontrer le singulier et la magie en soi.
    C’est tomber en amour pour l’âme que l’on abrite.
    S’aimer !
    L’aventure de toute une vie que de se défaire des attentes d’autrui, de cesser d’espérer ce qui n’attend que d’être conquis, de guérir de ce qui parait inconsolable.
    A force d’abandon, la femme que je suis a retrouvé la fillette espiègle qui, du haut de ses huit ans, maîtrisait la nuit et les dragons de la rivière de sa grand-mère, l’enfant rêveuse qui cherchait le monde derrière le miroir énigmatique des flaques et sautait à pieds joints dans l’inconnu.
    C’est tout un apprentissage, adulte, de redevenir un enfant.
    Relisons donc le Petit Prince, du grand émerveillé devant l’Éternel qu’était Antoine de Saint-Exupéry.
    L’enfance est le vivier inépuisable des possibles, presque une résistance dans un temps qui l’écourte et l’ébrèche comme pour nous empêcher de profiter de ses trésors.
    Alors, soyons vieux mais soyons fous.
    Dansons comme des funambules sans penser à la chute.
    Que le jour qui point vous soit fête.
    Je pars jeter mes souliers dans les flaques.


    Hilma af Klint – The Ten Largest Childhood

    Texte de Virginie Roques inspiré par Childhood – The Then Larges , de Hilma af Klint
    Voir nos trois autres galeries : Art contemporain (œuvre seule), Art moderne (œuvre seule), Art ancien et art classique (œuvre seule)


  • Apollinaire (Guillaume): Chantre

    Et l’unique cordeau des trompettes marines.

    Guillaume Apollinaire – Alcools

    NB: réputé le poème le plus court du monde. Une interprétation est de lire phonétiquement le titre et de début du vers ce qui donnerait approximativement »Chanterelle, unique cordeau des trompettes marines » et effectivement « chanterelle » est bien le nom de la seule ficelle qu’on a le droit d’appeler corde sur un bateau, celle de la cloche (les autres s’appellent des bouts en prononçant le t comme si on disait boute)


  • pays rêvé

    D’après « Apple Tree » de David Hockney (2019) – flouté
    Image créée par l’IA à la lecture de mon poème , en lui disant qu’il est écrit inspiré par « Apple Tree » de David Hockney

    je voudrais
    un ciel en labyrinthe
    de petits boudins bleus
    une rivière en ruban
    d’un bleu presque vert
    un pommier malingre
    en pieuvre aux longs bras
    une pomme parfaite
    en disque auréolé
    une ombre liquide
    en trace d’encre
    une herbe de poils jaunes
    en tapis de mousse dense
    une haie de plantes serrées
    en long muret tenace
    et le tout serait
    mon pays idéal
    rempli de traits
    verts jaunes et bleus


    Texte de Luc Fayard, inspiré de Apple Tree, de David Hockney, à qui nous avons demandé une autorisation de reproduction mais qui n’a pas répondu; en attendant nous sommes obligés de flouter son œuvre, hélas, sinon ça pourrait nous coûter bonbon et notre petite association bénévole d’art et de poésie n’a pas de moyens ! Alors, nous avons demandé à l’IA de le remplacer, au moins c’est moins cher que les 90 millions d’euros de son dernier tableau vendu…


  • différence

    Joan Miró – Personnage (1970- – sculpture – Fondation Maeght

    mi pingouin mi allien
    bébé joufflu venu d’ailleurs
    émouvant attachant
    rondouillard
    on voudrait le câliner
    lui dire en le berçant
    n’aie pas peur
    le monde se méfie
    des autres différents
    apporte lui ce que tu es
    formidablement vivant
    chaque regard nouveau
    devient un grain de plus
    dans la mer de sable
    une teinte ajoutée
    à l’infinie palette
    étonne nous
    chante ta chanson
    crée ton chemin
    ils viendront avec toi


    Texte de Luc Fayard inspiré de Personnage, 1970, de Joan Miró (Fondation Maeght)


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  • lexique

    lexique

  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025