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publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • routes violettes

    Ange Debroise – Été (2021)

    un jour
    les routes seront violettes
    les prés roses et rouges
    le soleil bleu
    jouera sur la lumière et les ombres
    on dansera sur les places
    des villages éclatants
    le sourire éclairera
    la figure des gens
    et les enfants riront
    de ces couleurs nouvelles
    accolées au paysage


  • veilleur

    Virginie Truchot – Tokyo (2023)

    je suis le gardien
    de la tribu
    celui qui sait
    les sons épars de la nuit
    les remous furtifs du désert
    mon arme
    ce n’est pas ma lance
    mais ma patience
    je connais les ruses
    de l’homme
    et de l’animal
    longtemps
    je peux rester
    immobile et froid
    tel un scorpion mort
    mais à l’heure du danger
    je bondirai comme un tigre
    mon âme est calme
    ma main est sûre

    Texte : Luc Fayard, inspiré de Tokyo de Virginie Truchot


  • Fargue (Léon-Paul) : La Papouasie

    Au pays de Papouasie,
    J’ai caressé la Pouasie.
    La grâce que je vous souhaite,
    C’est de n’être pas Papouète.


    Léon-Paul Fargue

  • Hommage à Magritte

    Dany – Hommage à Magritte

    Dany a des livres plein la tête.
    Des livres savants,
    Des livres d’enquêtes,
    Des livres à l’eau de pluie,
    A l’eau de rose,
    Certains qu’on utilise comme parapluie
    D’autres qu’on pose…
    Et qui calent une porte, ou un creux.
    Des livres que l’on dévore,
    Dont on tombe amoureux.
    Certains dont on se lasse avant la fin,
    Certains qui nous agrippent par les mains,
    Avec lesquels on danse jusqu’au petit matin.

    Des livres,
    Aussi discrets qu’un sémaphore,
    Aussi secrets qu’une métaphore,
    Aussi dévorants qu’un rébus
    De Magritte au début,
    Puis mystérieux sur la fin,
    Avec un goût de jamais lu.
    Des histoires d’art et d’épées,
    De capes et d’été,
    De soleil qui vous toisent,
    Et puis de mer d’Iroise.
    Des livres en somme !
    Qui emplissent la tête,
    Que dis-je ? Le cœur des hommes.


    Texte de Léa Cerveau inspiré de Hommage à Magritte, de Dany – acrylique sur toile


  • auto-portrait

    Bernard Noël – Autoportarit (montage Luc Fayard)

    pelures d’oignons
    cercles concentriques
    lignes parallèles
    couches superposées
    sarments alignés
    traits pointillés de la pluie
    qui en morse seraient
    autant de SOS
    les yeux tournés vers là-bas
    la ligne noire d’horizon
    séparatrice de mondes
    l’abysse et l’infini
    myriade d’étoiles
    trous noirs du passé
    mots non dits
    pleurs refoulés
    envie d’amour
    et de sourires
    jour après jour
    vivre sans lendemain
    impossible
    alors gratter
    avancer
    ne pas tourner en rond
    chercheur de beauté
    et de simplicité
    faire jaillir l’étincelle
    à défaut se contenter
    d’une allumette
    lumière lumière


    Texte de Luc Fayard inspiré de Autoportrait, de Bernard Noël (1986) – Collection Jean-Michel Marchetti  – © Atelier Bernard Noël


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  • lexique

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  • liberté de la plume

    cette plume appartenait
    à un geai des chênes
    qui l’a déposée une nuit
    devant chez moi
    pour que je la trouve au matin

    deux centimètres de haut
    j’ai failli ne pas la voir
    depuis que je l’ai prise
    entre mes mains
    elle est entrée dans mon âme
    et ma vie a changé
    ma vision de la beauté
    mon symbolisme
    mon attention aux détails
    j’ai découvert
    le minusculement magnifique
    porteur d’envol et de légèreté
    de tournoiement aussi

    mais il a fallu
    qu’un petit animal
    perde un attribut
    pour que je gagne en émotion

    j’espère que cette plume
    n’est qu’une mue
    pas l’issue d’un combat
    un don pas une perte
    merci à l’oiseau
    qui m’a offert ce cadeau
    je lui promets
    qu’il portera ses fruits
    désormais mes mots
    seront ceux de sa liberté

    Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
    Voir la version illustrée.

    liberté de la plume

  • ode à l’oubliée

    ode à l’oubliée

  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et le seul bruit
    de la nuit
    mon cœur

    l’aube verra palpiter la rosée
    et parvenu au seuil de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

    partir

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025