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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • la porte du tableau

    Mimi Svanberg
    Xia Gui – Streams and Mountains with a Clear Distant View – 1201 – détail du rouleau – encre sur papier

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir

    Hommage à Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) et Wang Fô

    Texte de Luc Fayard, illustré par l’œuvre de Mimi Svanberg et celle de Xia Gui.
    Poème deux fois primé : parution dans
    L’Anthologie des meilleurs poèmes du Prix international Arthur Rimbaud 2022 et Flamme de Bronze du Prix Flammes Vives 2022


  • Luc Fayard : Grotte de Su Manau (2018)

    Luc Fayard : Grotte de Su Manau (2018) – photo

  • il faudrait (2e version illustrée par deux artistes contemporains)

    il faudrait que le vent
    poussant les montagnes
    et les grands icebergs
    bâtisse le couloir
    d’un passage abrité

    il faudrait que la main
    saluant comme une feuille
    emporte la pensée
    avec elle vers le ciel
    dans un grand tournoiement

    il faudrait qu’un sourire
    pose le bleu sur le gris
    venant calmer à point
    les ardeurs opiniâtres
    des accents aigus

    il faudrait étreindre les arbres
    pour que leur frémissement
    nous parcoure le corps
    nos pieds prenant racine
    dans l’histoire du monde

    il faudrait brûler les regrets
    dans un grand feu de joie
    pour que les crépitements
    signent une victoire nouvelle
    sur la fatalité

    il faudrait que nos doigts
    enfin rejoints créent
    l’invincible lumière
    empêchant la nuit
    d’étendre son manteau

    Everenice Tamanini – Brésil
    Byron Browne – Clown – 1950
    Tim Walker – The DresLamp Tree- 2002 – non affiché car l’agence voulait nous le faire payer

    Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres d’art contemporain : Brésil, de Everenice Tamanini,  et Clown, de Byron Browne (1950); il y en avait une troisième de prévue, The Dress-Lamp Tree, de Tim Walker (2002), mais nous l’avons supprimée car l’agence voulait nous faire payer sa reproduction.
    Texte déjà illustré par des œuvres d’art moderne dans une mise en scène antérieure.


  • Näutil : Bunker de plage transformé

    Näutil : Bunker de plage transformé – sculpture sur forme existante

  • prière (en musique)

    hommes et femmes 
    en vérité je vous le dis
    que la lumière descende sur vous
    vos visages vos mains
    comme un phare veillant sur la route des marins 
    que la joie déborde de vos cœurs 
    comme l’écume 
    quand le vent presse et secoue la vague
    que la parole nouveau sillon de vie 
    transperce en flèche vos murs de folie
    que le chant parcoure vos plaines
    comme une révolution souveraine

    que les mots sèment les graines d’amour 
    dans vos rangs de peuple triste
    que vos mains jointes comme l’espoir
    deviennent les totems remplaçant les crucifix
    que vos pas ouvrent un chemin de halage
    à travers les brumes du passé
    que vos lèvres conjuguent l’avenir au présent
    dans toutes les langues de babel 

    pour qu’enfin le monde 
    de vérité et de beauté
    se dévoile tout à vous
    les yeux ouverts 
    les âmes libres

    et qu’à jamais 
    de la surface de la terre
    soient bannis
    la haine le mensonge
    et la jalousie

    amen

    Musique : Jordi Savall – Mozart – Requiem K. 626 – Lacrimosa (instagram)

    Texte de Luc Fayard illustré par le tableau Write To Me Again Of Small Daily Things, de Teddy H. Salad; techniques mixtes: acrylique et émulsions sur objets trouvés sur la plage.

    Le poème est également publié en version texte seul.


Dernières publications d’art et de poésie

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

  • Un seul nuage

    Un seul nuage

  • L’amère flamme

    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
    sont replongés en ma sève

    Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

    Liste des premiers gagnants du Jeu des 20 mots

    L’amère flamme

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025